De Jakobswee (8/14 - 2018) - Jour 8Mercredi, 26.09.2018, A Fonsagrada - O Cadavo, 27 km

Dans la Casa Manolo celui qui servait le desayuno nous avait recommandé de prendre près de l’église à droite et de ne pas aller tout droit ...

... ce serait mieux et moins long. Puisqu’il habite le village, il devrait avoir raison. Après coup il nous semblait qu’il avait probablement pensé que nous étions ici en voiture puisque tous les pèlerins que nous avions rencontré près de l’église étaient en même temps que nous à la sortie du village.

Dès la première montée la poudrière soignait les pieds de celui qui l’accompagnait. Par contre l’appman cherchait toujours le chemin ou était déjà passé devant – on ne le l’avait pas vu non plus les âmes sœurs.

Sur une distance de plus ou moins deux kilomètres le Camino passe par un chemin qui venait d’être réaménagé il y a peu de temps. Pendant la reconstruction on avait pris soin d’y installer des rainures aussi profondes qu’une voiture ne peux pas y passer sans endommager sa carrosserie. A quoi bon, je ne le sais pas. Fait est qu’on n’y rencontrait aucune voiture. Les agriculteurs du coin peuvent certes y passer avec les tracteurs mais sont contraints de réduire la vitesse presque au point mort à chaque passage – dire que j’avais compté une bonne douzaine de rainures, ils remercient probablement chaque jour l’ingénieur qui a eu ce coup de génie.

Sur les hauteurs de Pedrafitelas j’avais discuté un peu avec une pèlerine qu’on avait déjà vue l’autre jour et qui avançait également à un rythme fou. Interrogée pourquoi elle avançait aussi vite, elle me répondait qu’elle voulait « terminer le Camino pour lundi prochain ». Originaire de Bolovie elle était prof de yoga à Barcelone et était sur son premier Camino en partant d’Oviedo. Ses étapes étaient les mêmes que les nôtres et en plus elle avait également réservé d’avance. Alors si elle avait réservé d’avance pourquoi vouloir arriver le plus vite possible et bruler des grains inutiles pour les jours à venir ? Elle ne s’était jamais posée la question de la sorte.

Les vestiges de l’ancien hospital de Montouto et le dolmen à hauteur du parc éolien sur la première montée de la journée unissent le temps passé et les temps modernes sur une superficie d’à peine deux hectares. Par ailleurs le petit plateau permettait d’avoir de nouveau une des ses vues imprenables réservée à ceux qui sortent des sentiers battus.

Sur la descente à Paradevella on passe de mille à sept cent mètres sur une distance de quelques quatre kilomètres. Cette descente n’est pas dangereuse mais interminable et compte tenu du fait que nous avions croisé une partie de forêt qui avait été la proie du feu l’année passée, nous nous demandions que faire ici si jamais il y aurait le feu ceci d’autant plus qu’on se trouvait dans une sorte de sapinière qui n’avait vu aucune goute d’eau depuis plusieurs semaines. Le fait que la température frôlait entretemps de nouveau les trente degrés, nous n’attendions pas mieux que de sortir de et entonnoir.

Après une heure de descente juste avant d’arriver à Paradavella je voyais un panneau « Bar » et j’entendais des voix. Ce bar tombait à pic et nous n’étions pas les seuls pour y faire une pause. Petit mais soigné, avec une terrasse couverte et des tables et des chaises sur une partie qui en basse saison doit probablement servir d’aire de stationnement, l’exploitante avait la fibre commerciale et rentrait son blé. Tous les pèlerins y ont bu au moins un rafraichissement et consommé un pincho ou autre chose. C’est d’ailleurs la première fois qu’on me servait le thé, que j’ai l’habitude de prendre le matin, non pas dans une tasse mais dans une théière : le double de liquide au même prix qu’ailleurs. Le chien de la patronne n’accueillait pas tout le monde du même genre et bonjour les dégâts pour le pèlerin qui pérégrinait avec son cleps. Sans l’intervention de la patronne qui l’avait pris sous son bras pour le mettre dans sa cage il aurait continué à défendre son terrain avec tous les moyens de bord qui étaient les siens. Les deux chats qui tournaient dans le coin et cherchaient à attraper un peu de pincho ne dérangeaient pas les pèlerins – bien au contraire.

Alors qu’on s’était bien établi et mis notre écharpe pour protéger le coup puisque la terrasse se trouvait dans l’ombre, une des âmes sœurs – la stewardess – faisait son apparition. Pendant la journée chacune d’elle marcherait seule. Pour épargner des frais elles se mettraient ensemble pour la nuit nous disait-elle.

Que tout commerce évolue en fonction de son emplacement était plus que visible à Paradevella. Le bar ou nous nous étions arrêtés était plein alors que celui qui se trouvait à quelques centaines de mètres plus loin situé sur la LU530 était presque vide. Si c’était à refaire et rien que pour la configuration des locaux je serais retourné au premier.

Entretemps nous avions également eu des nouvelles de Nicolas et son épouse qui nous accompagneront pour les derniers cent kilomètres. Ils étaient bien arrivés à Lugo la veille après avoir pris l’avion de Luxembourg pour Madrid et continué la route de Madrid à Lugo en train avec un arrêt prolongé pour des raisons techniques. Ils nous attendraient avec impatience.

Pour la suite mon plan A4 indique « Camino en mal estado » - je veux bien mais c’est plutôt vrai par temps mouillé – un peu de pente du mauvais côté et par ailleurs il ne permet qu’une progression en file indienne mais « mal estado » est relatif. Par contre pour la suite il indique « Cuesta durisima » - c’est vrai mais c’est peu de le dire. A mon avis il faudrait modifier la notice en « Cuesta muy durisima ».  Si vous voulez tuer le pèlerin, vous lui mettez le premier jour rien que cette montée de deux kilomètres et il aura besoin de plusieurs jours pour s’en remettre. Comme le Camino Primitivo est connu pour être plus dur que les autres chemins, ici vous êtes servi.

A Lastra juste après la sortie de la forêt de cette montée durisima se trouve un petit bar dans lequel la moitié des pèlerins fait une halte alors que les autres continuent leur route. Nous y avons attendu Raymond et cassé la croute. Assise sur le devant d’un mur se trouvait une pèlerine qui soignait sa cheville qui n’était pas belle à voir. Contrairement à l’exploitante du bar en bas de la montée, celle-ci fonctionnait plus d’après le principe du self-service et sa priorité était plutôt de finir d’éplucher les pommes de terre sur la terrasse avant de s’occuper des clients.

Il existe des étapes au courant desquelles vous ne voyez pas les kilomètres passer, alors qu’il y en a d’autres où c’est justement le contraire. L’étape A Fonsagrada – O Cadavo tombe indiscutablement dans cette catégorie surtout en ce qui concerne les derniers cinq kilomètres. Après avoir escaladé la dernière montée du jour, suit une descente avec des faux plats sur un terrain avec du gravier fin dans lequel se trouve du verre cassé qui, si le soleil y fait du sien, brille et vous fait mal aux yeux.

A O Cadavo nous avons passé la nuit dans l’albergue Porta Santa exploitée par une jeune femme qui ne laissait personne monter à l’étage sans avoir entreposé ses chaussures dans une étagère incorporée dans le mur – bonne idée mais ça ne plaisait pas à tout le monde. Pour un petit pécule elle nous offrait en plus de faire notre linge ce qui nous arrangeait bien. Par ailleurs elle m’expliquait que demain elle ne pourrait exceptionnellement pas servir le desayuno puisqu’elle aurait rendez-vous chez le pédiatre avec son enfant et du coup elle nous proposait un rabais sur le prix de séjour.

Tout comme les autres villages dans lesquels nous sommes passés, O Cadavo ne compte pas beaucoup de commerces ni d’industries. On voit à gauche et à droite un peu d’agriculture et surtout le plein de pèlerins ce qui donne un sérieux coup de pousse à l’économie locale. Telle était justement le cas pour le bar restaurant à quelques mètres de l’albergue Porta Santa. A l’intérieur un bruit infernal: de un à cause du téléviseur dont la puissance du volume était probablement à son maximum et de deux par des pèlerins qui, après l’étape du jour avaient directement attaqué la cerveza avant de se désaltérer dans un premier temps avec de l’eau. Sur la terrasse à part le bruit du téléviseur, l’ambiance était la même interrompue de temps à autre par une voiture qui passait. Dans cet environnement il tombe sous le sens que certains, pour bien ancrer leurs dires ou souligner leur point de vue, se sont donnés à frapper avec la main sur la table. Dans des moments pareils je préfère chercher le large et soit me reposer soit faire un peu le tour du village.

C’est justement dans ce restaurant que nous avons également mangé en soirée et constaté que le degré d’alcool n’était pas seulement une affaire de certains pèlerins mais touchait également la population locale. Le restaurant est situé le long de la route principale et en face se trouve une bifurcation pour passer dans une autre rue. A un certain moment une voiture tourne de la route principale pour s’engager dans le virage. Au lieu de continuer sa route et libérer le passage, le conducteur s’arrête en plein virage, sort avec beaucoup de difficultés de sa voiture et vacille jusqu’au comptoir pour se déshydrater avec un liquide qui n’était pas transparent. Après un passage aux servicios il a cherché à rejoindre sa voiture ce qu’il est parvenu à faire après quelques essais et libérer le virage par la suite.

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