Lieserbréif vum Edouard KuttenVérités sous somnolence

Une façon très « théra-poétique » pour ne pas parler de toutes ces vérités historiques et politiques que pourtant tout un chacun devrait savoir pour comprendre le passé, le présent et se préparer au futur. Et soudainement l’on parle de « raison d’Etat », il ne faut pas remuer dans le « passé classé », officiellement il faut faire avec.

La France vient à travers l’affaire « Benalla » de réveiller de « mauvais esprits ». Il faut savoir que la Ve République n’est pas née en toute virginité politique, voire démocratique. En 1958, la France entrait dans sa cinquième année de guerre contre l’Algérie, ce qui était une guerre coloniale, alors que pour Mendès France l’Algérie était la France, il ne fallait donc pas parler de guerre, mais « d’évènements insurrectionnels regrettables ». Le putsch des généraux de l’OAS à Alger le 13 mai 1958 avait provoqué une crise de régime. Il fallait un sauveur et l’on « rappela » de Gaulle qui accepta, profitant de cette menace permanente de complot militaire pour proposer une nouvelle constitution, celle de la Ve République.

A Mostaganem, de Gaulle avait prononcé les mots « Vive l’Algérie française » ce qui devait rassurer, malgré son ambiguïté. C’était cause gagnée, le projet de constitution fut approuvé par référendum (à 79,25 %) et de Gaulle devint le premier président de la Ve République. Il est indéniable que cette république a été créée sous la menace d’un coup de force militaire, ce qui explique en partie certains de ces dysfonctionnements ultérieurs.

De Gaulle a connu ses « affaires Benalla », pour faire le joint avec le présent.  Ainsi, le conseiller de de Gaulle J. Foccart (de 1958 à 1969) ordonna des éliminations ciblées pendant la guerre d’Algérie. Les services parallèles de la République veillaient au grain. Le SAC (Service d’action civique), créé en 1960, était le bras armé des mouvements gaullistes. La collaboration du SAC avec « le milieu », commencée lors des premières années de la guerre d’Algérie, ne dérangea pas « Charles le sauveur ». Le SAC était ouvert aussi bien à l’extrême droite qu’au gangstérisme. Une longue liste de forfaits, dont l’enlèvement de Ben Barka, le chef de l’opposition marocaine en 1965, démontre l’activité du SAC.

J. Foccart lui était devenu intouchable, il en savait trop sur les méthodes employées par la France dans les armées de décolonisation.

Ce ne fut pas un hasard que Pompidou le maintenait à l’Elysée.

Ce qui causait problème à Mitterrand, était plutôt la protection de sa « deuxième famille », officiellement inexistante. Ch. Hernu conseilla à Mitterrand de recourir au service du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), dirigé par Chr. Prouteau. Mitterrand lui confia en 1982 la tâche de créer le GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République). Il devint le protecteur des secrets de Mitterrand. Prouteau créa un système parallèle. Le bras droit de Prouteau était P. Barril, un spécialiste des barbouzes. Prouteau n’était pas à un coup tordu près. L’on finit par pourfendre la mission antiterroriste et la sécurité du Président et de ses proches. De plus en plus d’ennemis supposés, voire même des amis du président sont mis sur écoute illicite par la cellule de Poutreau et des fichiers illégaux sont constitués. Fin 2004 Poutreau et son acolyte G. Ménage furent condamnés à six mois de prison avec sursis, puis amnistiés peu après.

J. Chirac, ancien maire de Paris et Premier ministre sous Mitterrand, avait tiré ses leçons et pour doubler les services il préféra se reposer sur quelques fidèles bien placés ou mieux encore œuvrant en marge du système. En cas de besoin il fit appel à J-Ch. Marchiani, ancien de SDECE, mais ce qui était plus important, il était le protégé de Charles Pasqua. Deux fois par mois de Villepin, alors seulement secrétaire général de l’Elysée, reçut Y. Bertrand, le connaisseur des secrets les plus inavouables de la République. Les investigations parallèles étaient l’affaire du général Rondot. Il y eut bien un « cabinet noir » du temps de Chirac. L’affaire « Clearstream » en fit plus qu’une rumeur.

Sarkozy fut l’objet de nombreuses poursuites judiciaires, avant et après sa présidence. Un cas spécial ! Lui-même ne fut pas directement visé par les scandales pendant son séjour à l’Elysée. D’autres l’étaient à sa place. Son « cabinet noir » fut mis en cause par exemple dans l’affaire des sondages où « ses » services auraient surfacturé des enquêtes d’opinion en faveur de son conseiller extérieur P. Buisson. Cl. Guéant, le secrétaire général de Sarkozy, entretenait toujours des liens avec des intermédiaires sulfureux. C’était une politique parallèle des combines et ce n’est pas un hasard si les soupçons d’un « cabinet noir élyséen » créé pour faire tomber D. Strauss-Kahn n’ont jamais été clairement étayés.

Hollande pratiquait la politique du favoritisme et à cet effet il s’entoura de sa « promotion corrézienne ». Tous promus et gradés au service de François. L’exemple le plus éloquent est celui de E. Bio-Farina. Il était l’ancien patron du groupement de gendarmerie en Corrèze et devint le commandant militaire de l’Elysée à partir de 2012. Hollande voulait « s’armer » contre ses adversaires, et pour cela il avait besoin de consulter certains documents concernant par exemple la collusion entre Sarkozy et Tapie dans l’affaire du Crédit lyonnais. Or il n’y était pas autorisé. C’était la mission de Bio-Farina. Les « Corréziens » impliqués dans toutes ces écoutes ou recherches enfreignant les lois ont été promus, même « pris la main dans le sac », comme le préfet Zabulon dans l’Affaire Cahuzac. Zabulon fut promu en 2013 coordinateur national du renseignement.

Cet entourage d’amis et de complices explique aussi partiellement la politique instable de Hollande. Il devait prendre trop d’égards pour pouvoir suivre une ligne claire et ferme.

Macron et son « Benallagate » ne fait pas exception à la règle républicaine, il reste dans la « bonne tradition » de la Ve République où la confiance du Président semble aveugler ceux qui le servent.

La Ve République continue sous Macron à être une république « d’hommes de main » qui se croient tout permis. Benalla en est la preuve !

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