Lieserbréif vum Gaston VogelLes Foireux du Berlaymont

Pouvons-nous déguster mandarines, oranges, raisins et pêches sans avoir à nous soucier de notre santé ?

C’est la question à laquelle les réponses sont plus qu’inquiétantes.

On sait que le tiers des fruits européens contiennent des pesticides ayant des propriétés de perturbateurs endocriniens qui participent (voir Le Monde du 06.10.2017, page 7) à l’augmentation de maladies comme l’infertilité, certains cancers, le diabète et l’obésité, ainsi que des troubles de développement du cerveau.

Un règlement  européen sur les pesticides de 2009 avait pour objectif de faire disparaître ces perturbateurs du marché. – Mais voilà que les lobbies de la chimie internationale et en particulier allemande, installés comme tant d’autres face au Berlaymont avaient trouvé dans la personne du commissaire Andriukaitis le bras long pour élaborer une dérogation, qui aurait permis d’épargner les pesticides conçus spécialement pour agir sur le système endocrinien de leurs cibles ; c’est-à-dire les pesticides conçus pour justement être des perturbateurs endocriniens. - "Un comble", dit Le Monde.

C’est en effet le comble du cynisme.

On voit à cet exemple que la Commission de Bruxelles préfère jouer avec la santé des gens plutôt que de porter atteinte aux intérêts de l’industrie. – On a vu une misère analogue dans le cadre de la réglementation du glyphosate.

Le 04.10 le Parlement européen a rejeté avec une majorité absolue cette dérogation scélérate au règlement de 2009.

Le Monde parle d’un énième camouflet pour la Commission.

En substance, on peut retenir que les gens de Bruxelles qui sont appelés à gouverner l’Europe au mieux des citoyens non seulement tolèrent qu’ils continuent à se nourrir de fruits infectés de perturbateurs endocriniens, mais vont jusqu’à déroger aux textes qui pourraient s’y opposer et imposent ainsi la pérennité de cette "merde" dans une corbeille de fruits.   

Que faut-il penser d’une politicaille aussi sournoise et répugnante, soumise  aux lobby’s qui la guettent à tout instant, comme le font les araignées avec leur proie. 

Terminons en paraphrasant Nietzsche :

 

"… käme doch da ein Wind, der dieses wurmstichige Volk vom Baume schüttle."

 

                                                                                                            Gaston VOGEL