Lieserbréif vun 3 DokterenLa fête des mères au Ministère de la Santé

En date du 1.4.2018 la nouvelle loi hospitalière est entrée en vigueur, et avec elle l'obligation d'une garde sur place des gynécologues, anesthésistes et pédiatres des maternités de Luxembourg-Ville.

Alors que les médecins impliqués dans l'accouchement se dédient corps et âme dans la prise en charge des futures mères et des nouveaux-nés, alors que les statistiques internationales attestent une excellente qualité des soins périnataux, d'un coup de crayon irréfléchi, cette qualité offerte dans les maternités du pays a été balayée, inutilement et de manière discriminatoire.

Cette mesure est irréfléchie : Malgré des courriers répétés des professionnels des secteurs impliqués, la mesure a été imposée dans la loi sans la moindre concertation avec le terrain. Alors que la problématique a été soulevée trois ans avant le vote parlementaire, la Ministre de la Santé se fend aujourd'hui d'une réponse laconique à une question parlementaire sur le problème de ces gardes en écrivant que « les acteurs concernés effectuent en ce moment une analyse des différentes options en matière de compensation financière des gardes, tout en tenant compte des spécificités du système luxembourgeois. »

Cette mesure est discriminatoire : alors que les complications peuvent survenir, en coup de tonnerre, lors de chaque accouchement, et dans toutes les maternités du pays, seules les maternités de Luxembourg-Ville bénéficient de la supposée meilleure qualité de soins.

Cette mesure menace la continuité des soins : pour certaines équipes, la non-disponibilité de deux médecins peut entraîner l'impossibilité d'assurer l'obligation légale des gardes, ce qui pourrait, au pire, entraîner la fermeture temporaire de la maternité concernée.

Cette mesure menace la médecine personnalisée, donc la qualité des soins : une garde sur place impose une fermeture des cabinets le jour de la garde (les médecins doivent être présents sur le site de la maternité), et le lendemain (repos de compensation obligatoire). Les gynécologues auront dans l'avenir moins de disponibilités en consultations, et ne peuvent accoucher les futures mères dont ils ont assuré le suivi de grossesse les lendemains de garde. Les pédiatres auront moins de temps pour consulter leurs petits patients. Dans des spécialités déjà soumises à des difficultés de recrutement, cela mènera invariablement à une dépersonnalisation de la prise en charge et à une dégradation des soins offerts.

Cette mesure est inutile : les spécialités concernées se sont organisées depuis des années, sans attendre une loi, pour assurer une sécurité optimale à chaque future mère et à son nouveau-né. Les fameuses « spécificités du système luxembourgeois » impliquaient que chaque acteur, dans chaque maternité, était engagé à fond dans la prise en charge des grossesses simples et
compliquées, selon les besoins adaptés à la situation.

Cette situation d'équilibre est maintenant rompue, à cause d'une disposition irréfléchie dans un texte de loi.

La conclusion est simple : la Loi Hospitalière doit être modifiée rapidement, et cette fois-ci en concertation avec les acteurs sur le terrain, afin de pérenniser une prise en charge optimale pour les futures mères et leurs enfants.

Dr Marc Stieber
Gynécologue-Obstétricien
Membre de la SLGO

Dr Philippe Welter
Anesthésiste
Président de la CMARL

Dr Michel Hencks
Pédiatre
Membre de la SLP

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