Certaines forces politiques veulent voir un signe de décolonisation dans le résultat du vote à la Nouvelle-Calédonie. Une majorité (55 – 45) a repoussé l’indépendance de l’île. Encore faut-il savoir que la population autochtone diminue et que le nombre d’immigrants est en permanente augmentation, ce qui fait que les autochtones sont minoritaires, comme en Guadeloupe ou à la Martinique.

La population de la Nouvelle-Calédonie comprend 268.000 habitants, dont seulement 105.000 Kanaks (39 %). Les Européens représentent 27 %, les autres communautés 34 % (sources gouvernementales de la Nouvelle-Calédonie).  Sous ces conditions le vote pour un ralliement à la métropole était prévisible. Voilà pourquoi le référendum eut lieu.

Les Kanaks partaient perdants dès le début et la question posée le 4 novembre 2018  « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » n’était que de la pure rhétorique politicienne.

On n’aime pas trop parler du passé de la Nouvelle-Calédonie. En 1853, la France en prit possession et en fit une colonie pénitentiaire, ce qu’elle restait jusqu’en 1931. La Nouvelle-Calédonie commença à attirer les grandes firmes après la découverte de certaines richesses, comme le nickel qui connut un vrai boom après 1969. On ne peut laisser l’exploitation de ces richesses aux mains des Kanaks, c’est une affaire de « grand business ».

Les séquelles d’une colonisation ne disparaissent pas moyennant un référendum « bidon », ceci ne vaut pas seulement pour la Nouvelle-Calédonie. De par le monde, et l’Afrique est un exemple typique, le système capitaliste continue de prolonger le système colonial.

N’en déplaise à d’aucuns !

Edouard Kutten