L’on constate que dans bon nombre de pays de l’Union européenne le nombre d’amendes non-payées pour mauvais stationnement ou délit de vitesse est en augmentation. Au Luxembourg, par exemple, on compte 42.277 amendes pour délit de vitesse non-payées. Néanmoins, on veut renforcer la verbalisation à condition qu’elle devienne plus « low-cost ». En France, par exemple, la ville de Paris a confié cette mission à des sociétés privées qui recrutent leurs agents à leurs conditions. On espère de cette façon pouvoir verbaliser encore plus de responsables de mauvais stationnement.

Cela s’est révélé être un « flop » magistral. Il y a deux sociétés privées qui « se partagent » la ville, ce qui n’est pas sans faire penser aux méthodes mafieuses encore actuelles où chacun a « sa rue, son parking, son accès métro, etc. ».

75.000 contrôles sont effectués actuellement par jour, mais on a dû constater que trop de données informatiques erronées ont figuré sur les tablettes des agents. Il s’est avéré que beaucoup d’automobilistes furent injustement verbalisés à cause d’horodateurs mal programmés et de serveurs « plantés ». Les recruteurs des 2 sociétés privées ont dû avouer que bon nombre de leurs agents n’étaient pas faits pour ce métier. Méconnaissance des marques de voitures, incapacité de se retrouver dans une rue, etc.. Le responsable de « Moovia » était très clair à ce sujet. « On doit faire face à un « turn-over » de 25 à 30 % au moins » (cf. Figaro 04.02.2018).

Ces dysfonctionnements peuvent être constatés dans beaucoup de domaines privatisés à outrance pour raisons de profit. Ce n’est pas de cette façon-là qu’on arrivera à résoudre les vrais problèmes sous-jacents, comme par exemple une incivilité croissante, une infrastructure insuffisante et une surpopulation de certains quartiers.

Ce n’est pas seulement une affaire de stationnement !

Edouard Kutten