Les visites officielles de présidents ou autres chefs d'Etat sont coûteuses. Mais apparemment cela vaudrait son pesant d'or. Pas pour le contribuable qui reste le « financier » malgré lui de ce tourisme diplomatique.

Ainsi sait-on rapporter que ces « visites » sont utiles pour les relations économiques entre les pays. Apparemment les chefs d'Etat sont devenus les meilleurs démarcheurs pour le grand patronat et le milieu financier. E. Macron, par exemple, aurait décroché en Inde 20 contrats pour 13 milliards d'euros (cf. Figaro 12.03.2018). L'un des gros profiteurs est le groupe aéronautique Safran, qui s'occupera de la fourniture et de la maintenance des moteurs de « Spice Jet », une compagnie aérienne indienne « low cost ». On s'abstient de tout commentaire.

EDF va vendre 6 réacteurs nucléaires EPR à NPCIL (Nuclear Power Corporation of India) pour leur centrale de Jaitapur, considérée comme le plus grand projet nucléaire au monde. Personne n'a pris note des contestations justifiées en matière d'environnement concernant ce site.

Si l'on investit en Inde, c'est parce que là il n'y a pas de règles environnementales à respecter. Ceci vaut aussi pour d'autres pays émergents. Cette façon de procéder ne concerne pas seulement la France. Les investissements dans les pays émergents n'ont jamais été aussi élevés, on investit par voies indirectes dans ses propres sociétés sans devoir se soucier des conséquences sociales et environnementales.

Mais en haut lieu « macronien » on a tout de même eu une pensée écolo lors de cette « moisson » pour le capital et la finance au cours de cette mission « indienne ». On a en effet déniché un contrat pour une société (Roucadil) spécialisée dans l'exportation des pruneaux d'Agen.

Décidément les investisseurs politiciens doivent savoir jongler entre nucléaire et pruneaux !

Edouard Kutten