Une question à première vue saugrenue, mais lorsqu’on y regarde de plus près, elle est plus que pertinente. Mayotte est le cinquième et dernier département d’outre-mer de France.  84 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Le taux de chômage tourne autour des 40 %. Cette île est tout simplement désertée par les services publics (cf. Humanité 13.03.2018). La rentrée des classes n’a pas eu lieu, l’eau potable n’est pas accessible à tout le monde et quand il y en a, elle est polluée. Sur ce point les Mahorais ont un problème commun avec les habitants du Nord-Pas-de-Calais, par exemple, dont l’eau potable est toujours pollué aux ions perchlorates et ceci depuis 2012 (cf. La Voix du Nord 14.03.2018). Que les habitants de Mayotte se soient lancés dans une grève générale le 20 février 2018 pour protester contre l’abandon de l’île par le pouvoir public, fut mal vu par l’Elysée. La ministre d’outre-mer A. Girardin a promis un renforcement des forces de l’ordre pour remédier à toutes dérives (12.03.2018).

Or, il est sociologiquement prouvé que l’insécurité sociale crée l’insécurité civile et ceci vaut pour tous les pays. Ce n’est pas en renforçant les forces de police qu’on arrivera à mettre fin à l’insécurité sociale.

Quant à Mayotte, l’île n’est intéressante que par ses eaux territoriales qu’elle fournit à la France, où certains ont déjà programmé l’exploitation le moment venu.

Edouard Kutten