Dans beaucoup de pays la course aux 3 % de déficit budgétaire imposée par la Commission européenne au nom du Traité de Maastricht, frôle le ridicule, sinon l’absurde. N’empêche, pour d’aucuns c’est le justificatif pour imposer une politique d’austérité. Or, aucun pays de la zone euro n’a baissé les dépenses militaires, au contraire, elles sont partout en augmentation, même au Luxembourg. En réduisant ces dépenses l’on serait en Allemagne et en France, par exemple, rapidement en-dessous des 3 %. Mais il n’en est pas question, car armer et réarmer rapporte gros. Quant à l’évasion fiscale, on laisse faire, elle fait partie du système. Ainsi, ce sont les plus modestes qui vont trinquer. Les gouvernements trouvent toujours un argument pour faire passer leur politique d’austérité budgétaire. En France, par exemple (cf. Humanité 27.03.2018), le nombre d’emplois aidés va diminuer, il y aura une réduction des aides au logement à côté des coupes dans les effectifs et les finances des services publics.

Bruno Lemaire, Ministre de l’économie, ayant eu droit au « petit bisou » de Juncker lors de leur rencontre, appelle cela des « décisions courageuses ». Moscovici, en bon socialiste, s’étant fait recycler Commissaire européen des Affaires économiques, en rajoute : « Il faut poursuivre, approfondir cet effort » (cf. Humanité 27.03.2018).

S’il y a une institution où un budget d’austérité s’impose, c’est bien celle de la Commission européenne !

Mais bref, quand le bouc fait le jardinier il n’y plus grand-chose à brouter pour les autres. Ils vont se serrer la ceinture.

Edouard Kutten