Quels que soient les résultats du mouvement de grève déclenché par les agents de la SNCF en avril 2018, cette grève est révélatrice. Elle a permis de montrer le clivage entre une direction des SNCF, soucieuse des intérêts des actionnaires et soumise aux directives politiciennes de privatisation venant de haut lieu, et le personnel SNCF. A défaut d’argumentation, la direction a été obligée de montrer son vrai visage qui est celui de l’autoritarisme de bas étage. Menace de retenues salariales, tout en sachant qu’elles sont arbitraires, (cela suffira quand-même à faire « tanguer » quelques-uns), bichonnement des non grévistes, remplacement des grévistes par des cadres moyennant quelques primes, quitte à mettre en danger par-là la sécurité des passagers, recrutement de main d’œuvre étrangère, surtout anglaise, pour remplacer les grévistes dans les ateliers, etc.

L’on ne vit pas seulement une bataille du rail, mais l’on assiste à la casse d’un service public. Ce n’est pas seulement la SNCF qui est concerné, au Luxembourg la privatisation de la SNCFL va bon train … !

Le durcissement illégal du droit de grève risque de faire exemple. En France, la ministre des Transports n’en finit pas de répéter « qu’il ne s’agit pas de privatiser la SNCF » (cf. Humanité 31.03.2018). En 2004, Sarkozy et Raffarin s’étaient servis de la même argumentation pour changer le statut de l’EDF et de GDF.

Livrer, que ce soit en France ou autre part, les ressources publiques aux appétits financiers du privé, est un gâchis immense si l’on voit le résultat final !

Edouard Kutten