Les pays de la zone Euro sont depuis des années soumis à la politique d’austérité au nom de la « sacro-sainte » loi budgétaire « des 3 % de déficit budgétaire ». En même temps, il y a des « spleeners économiques » qui veulent une politique de croissance de 4 %. Encore faudrait-il savoir à qui profite la politique d’austérité et à qui profitera une croissance de 4 %. Il y a des secteurs économiques qui peuvent se prévaloir d’une croissance mirobolante de 90 %. Cela a rendu plus riche une infime minorité, quant au reste … ! Il suffit de faire un petit état des lieux.

En France, dont les responsables politiques veulent faire une puissance économique incontournable, l’INSEE vient de publier sa nouvelle étude (avril 2018). 14,7 % des résidents vivent en-dessous du seuil de pauvreté, avec des pics de 20,2 % (Pas-de-Calais), il y a en moyenne 8/1000 dossiers de surendettement, 40 % d’impayés de factures d’énergie ont été enregistrés parmi les locataires en situation de pauvreté. Le taux de chômage touche les     9,4 %, un problème qui ne sera pas résolu de si tôt à cause de la politique d’embauche restrictive. 23 % des jeunes entre 18 et 25 ans sont sans emploi et sans formation.

Il faut s’endetter pour trouver un logement acceptable, ce qui n’empêche pas le marché de l’immobilier de connaître un vrai boom. Au Luxembourg on note 1.000 agences immobilières, 1 pour 750 habitants, un record mondial,  et à côté un manque d’habitations sociales inquiétant.

La politique d’austérité pratiquée jusqu’à aujourd’hui, ni une croissance de 4 %, ne changeront rien au fait que le clivage entre les différentes classes de la société va s’accentuer, entraînant une fragilité sociale qui risque de devenir un fait acquis. Selon une estimation de l’ONU, 124 millions de personnes ont été confrontées en 2017 à une insécurité alimentaire.

Il faut redistribuer les cartes, le jeu est truqué !

Edouard Kutten