Il y a un lien négatif entre l’automatisation et la baisse de l’emploi. Fait réfuté par les propagandistes de la libre automatisation.

Celle-ci détruit des emplois. Rien qu’en Belgique 600.000 emplois seraient condamnés à disparaître (cf. Le Soir, 11.04.2018). La numérisation croissante dans certains secteurs de l’économie est à ce prix, de l’autre côté elle accroît la marge bénéficiaire.

Les métiers les plus exposés à l’automatisation sont connus, même si l’on fait semblant de ne pas voir venir. En Belgique, par exemple, 98 % des comptables sont exposés à cette révolution technique, alors que l’on continue à en recruter, une filière rendue alléchante dans bon nombre de pays ; le personnel travaillant dans les finances, les statistiques et les assurances est concerné à 97 %. Même  ceux qui se croient à l’abri, à savoir les techniciens du service de l’information, sont concernés à 65 %, les manutentionnaires à 60 %, etc.

Par contre, à peine 9 % des directeurs des grandes entreprises sont touchés par le problème, et le cas échéant, il y a un « parachute argenté ou doré » qui les attend.

L’automatisation ne détruit pas seulement des postes, cette destruction montre un caractère sociétal. On est en pleine lutte des classes sociales, sauf qu’aujourd’hui il n’y a plus de lutte. L’automatisation n’a pas rendu le marché de l’emploi plus juste, au contraire, elle en a fait un terrain de prédilection pour l’exploitation de l’homme par l’homme par machine interposée.

Edouard Kutten