A écouter les politiciens au pouvoir et certains médias bienveillants, l’on pourrait croire que le Luxembourg est le « pays des merveilles ».

Cependant en y habitant en tant que simple citoyen, ne profitant d’aucun privilège, ces « merveilles » s’estompent.

La priorité, selon Gramegna, doit être la compétitivité (cf. Tageblatt 06.03.2019). Il n’est donc pas étonnant de noter que l’impôt sur le revenu des collectivités pour les entreprises sera abaissé à 17 %. Pas question de « dumping fiscal », au contraire, Gramegna a insisté sur le fait que le Luxembourg a été retiré de toutes les listes noires. On pourra mettre les « Luxleaks » dans le tiroir des oubliettes.

Le Luxembourg est redevenu incontournable pour les actifs dans le domaine des fonds d’investissements. Ainsi l’anglais Ashurst, présent dans 15 pays, a-t-il décidé de s’installer au Luxembourg pour profiter des opportunités offertes par la place financière luxembourgeoise.  Être présent sur place permet à Ashurst « d’être en contact direct avec les différents intervenants » (cf. Henlé, Tageblatt 11.03.2019). Il y a un léger parfum de combines en l’air … !

Ceci ne changera rien au fait que 25 % des résidents continueront à connaître des fins de mois difficiles (cf. Essentiel 05.03.2019). Les frais de logements sont considérés par la majorité comme une charge trop importante. N’empêche que le bâtiment connaît un vrai « boom », ce bétonnage serait-il réservé à une clientèle nantie ?

Autre problème : Face à la pléthore d’ordonnances médicales, les ruptures de stock de médicaments deviennent de plus en plus fréquentes au Grand-Duché, ce qui a été confirmé par le syndicat des pharmaciens luxembourgeois (cf. Essentiel 05.03.2019). Ce serait la faute aux fabricants étrangers.

Heureusement que le secteur des carburants ne connaît pas ce problème, les livreurs sont ponctuels et la pollution est garantie !

Quant aux énergies renouvelables, l’on en parle lors des périodes préélectorales,  mais la politique énergétique pratiquée au Luxembourg est restée une politique du business, avec le résultat que l’on connaît. Le Luxembourg est dans ce domaine le cancre de l’Union européenne où il occupe la dernière place (cf. Eurostat). Mais, selon les paroles de E. Schneider en 2018 (cf. Luxemburger Wort 13.02.2019), le Luxembourg serait sur la bonne voie pour atteindre ses buts en 2020.

Selon l’indice annuel de « Global Health », le Luxembourg perd une place et se retrouve seulement  à la 11ème place dans le domaine de la santé publique.

Mais officiellement il fait « bon vivre » sur la place financière du Grand-Duché. Affaire d’interprétation !

Edouard Kutten