La journée de l’Europe sera à partir de 2019 un jour férié légal imposé au Luxembourg. A qui doit-on cet honneur ?

Selon l’eurobaromètre, 52 % des habitants du Luxembourg seraient confiants dans l’Europe. La moyenne des 28 pays membres est de 42 %. Par-là le Luxembourg se classe 11ème, loin devant la France avec seulement 33 % (cf. Tageblatt 26.12.2018). Mais ce n’est  pas la population qui a demandé ce jour férié légal, il est l’œuvre des politiciens qui, d’une façon ou d’une autre, ont profité de l’Union européenne et de ses institutions pour faire carrière.

Il est étonnant de constater que les principales préoccupations des citoyens sont à divers degrés partout les mêmes, à savoir impôts, pensions, criminalité, chômage, santé publique, logement, immigration, environnement.

La politique pratiquée par l’Union européenne n’intéresse personne et l’on ne se soucie guère de la radicalisation de certains partis présents au Parlement européen. Or c’est là l’enjeu principal des prochaines élections. Sous des dénominations parfois farfelues les droites classiques et les droites radicales se livrent un combat pour l’hégémonie.

L’on sait déjà avant les élections que dans le prochain Parlement européen les populistes eurosceptiques et les nationalistes seront plus nombreux. Il y aura, car il y va de pouvoir politique, des formations de majorités transcourantes qui serviront de cachette à des partis au « cœur doctrinal » bien assis.

D’ailleurs il existe déjà au Parlement européen au sein du groupe des conservateurs et réformistes un noyau transnational, le ECPM (Mouvement politique chrétien européen). Créé en Hongrie en 2000, il fut officiellement reconnu comme parti politique européen en 2010. Reconnaissance attribuée par l’Union européenne.

On ne manque pas de formations politiques ultra-droitières, que ce soit en Pologne (Europe du Christ) ou en Croatie (Hrast = le chêne) le nom de la droite chrétienne catholique. Les néofranquistes espagnols de Vox sont « donnés » comme entrants au Parlement européen. Bref, du « beau monde », selon lequel il faut remettre en question le mariage pour tous, la légalisation à l’aide à la fin de vie, le droit à l’avortement, etc.

N’ayez peur, après les élections de mai, l’Union européenne restera l’Europe des valeurs chrétiennes pour le peuple, économiquement et politiquement elle continuera à être aux ordres du grand capital européen et international.

Mais apparemment on n’a pas le choix, selon D. Kersch, ministre du Travail au Luxembourg (cf. Tageblatt 20.03.2019) : « Ohne die Europäische Union würde es Luxemburg wohl kaum noch geben ». A se demander comment le pays a pu „survivre“ avant la création de l’Union européenne ??? La Norvège, la Suisse, l’Islande ou le Liechtenstein, par exemple, se portent bien sans Union européenne !

Edouard Kutten