Disons-le tout de suite, la perte d’une œuvre architecturale comme la cathédrale de Notre-Dame à Paris détruite en grande partie par un incendie le 15 avril 2019, est tragique et déplorable. Point barre !

Ce qui l’est plus encore, c’est à nouveau l’immense manipulation politique par le biais des chaînes « d’informations » 24/24 qui a suivi le drame en question. A croire que toute la France, voire le monde entier, est touché par un deuil inconsolable qui avoisine franchement une hystérie collective. Cela nous rappelle tristement ce qui s’est passé après les attentats terroristes de 2015 où les politiciens n’ont pas manqué de redorer leur blason respectif en jouant avec les émotions de leurs concitoyens.

Cette fois encore, la démesure des priorités qui semble animer la gente politicienne et économique est à peine croyable. Quelques exemples :

-          Notre-Dame est en feu : Emmanuel Macron se rend le soir-même du drame à 2 reprises sur place pour témoigner son émoi et sa solidarité, surtout envers tous les catholiques.

Depuis plus de 4 mois les « gilets jaunes » se battent devant le drame qu’est devenu leur (sur)vie au quotidien : Emmanuel Macron part en week-end au ski.

-          Pour la reconstruction Notre-Dame de Paris les portemonnaies s’ouvrent extrêmement  vite. Surtout les grandes fortunes de France (dont on n’est pas sûr si elles déclarent toutes leurs impôts en France) sont d’une générosité époustouflante, 100 millions pour les uns, 200 millions pour les autres. Mais aussi les institutions politiques libèrent tout de suite des fonds considérables, 10 millions de la région, 50 millions de la mairie, etc. Le soir du 16 avril 2019 près de 700 millions d’euros ont déjà été donnés pour Notre-Dame. Un vrai « miracle » !

Pour les urgences sociales les fonds ne se débloqueront pas comme par « miracle ». Ni pour les « gilets jaunes », ni pour les organisations humanitaires qui s’occupent des migrants, ni pour les salariés de ces grandes fortunes si généreuses, qui doivent affronter chaque fin de mois avec anxiété et qui vivent dans l’humiliation de devoir « quêter » pour leurs droits.

-          Emmanuel Macron s’adresse à ses compatriotes le lendemain de l’incendie avec une allocution qu’on ne peut qualifier que de « grand bla bla démagogique », s’assurant de son statut de « père de la Nation » bienveillant et compatissant.

En ce même moment, toute la France attend les réponses d’Emmanuel Macron aux questions et aux revendications que les citoyens français ont prononcées dans le « grand débat » initié à la suite de la crise des « gilets jaunes ». Cette allocution, programmée pour le 15 avril 2019 a été reportée suite à l’incendie de Notre-Dame, et jugée moins importante et plus d’actualité pour la France.

En attendant les Français en difficultés n’ont qu’à prier pour leur salut.

Et l’on pourrait continuer cette liste de déséquilibre sociétal sur des pages et des pages. A se demander sérieusement quelles sont les priorités de notre société d’aujourd’hui?

Christiane Kutten-Serafini