Bien qu'il soit difficile, selon le Ministre de la Sécurité Intérieure François Bausch, de saisir le nombre exact des cas de violence à l'école - difficulté augmentée par le fait que la violence peut se montrer sous différentes formes - il est impossible de nier que ce phénomène tout à fait indésirable est en train de se déployer dans les établissements scolaires.

Notons cependant que cette triste circonstance ne date pas d'hier. La politique préconisée à l'époque était surtout caractérisée par la volonté de minimiser la gravité des actes violents commis par des enfants. Il était de mise de ne pas en parler, de ne pas en faire de cas.

Si beaucoup d'écoles ont aujourd'hui établi des plans d'intervention pour réagir de façon adéquate aux comportements agressifs de la part des élèves, doit-on toujours redouter une certaine réticence à employer « les grands moyens » ? Au cours des dernières années, la quantité des conseils de discipline dans les écoles a diminué, alors que les signalements faits à la police ont accru en nombre...sans qu'il soit précisé par quel acteur concerné (enseignant, parent, élève...). Cet état des choses peut prêter à l'inspiration de craintes...

Les dispositions prises face à la violence à l'école sont de nature diverse selon les cas. Il est pourtant visible que l'accent est posé sur l'aspect du mal-être dans lequel se trouve l'enfant agissant de façon violente. Il est évident qu'il faut en tenir compte, mais toutefois, ce sont surtout les victimes de ces enfants irascibles qui sont plongées dans la détresse. Sans même évoquer les blessures physiques et le danger constant auquel un enfant violent soumet son entourage, la peur d'aller à l'école, l'abattement, la perte de tout enthousiasme et de la confiance en soi ne sont que quelques maux dont souffrent les enfants victimes de la brutalité d'un condisciple.

La violence juvénile s'étend au-delà des frontières de l'école fondamentale et secondaire, comme le démontrent les récents délits commis par des jeunes et relevés par les médias, notamment les agressions à l'encontre d'un employé CFL ou encore d'un jeune homme homosexuel.

Dans ce contexte, penchons-nous sur la révision du projet de loi sur la protection de la jeunesse, qui occupe depuis bientôt vingt ans les autorités compétentes. Les discussions gravitent autour de la question concernant la balance entre les mesures d'aide et punitives, le grand souci semblant être l'appréhension de trop miser sur le volet « sanctions » au détriment de celui des dimensions d'assistance. Cependant, en considérant la gravité et l'ampleur que prend la criminalité juvénile, il serait peut-être temps de changer d'attitude et de porter l'attention aux véritables victimes au lieu de victimiser les malfaiteurs...

Ce sont les victimes des agressions et des attaques qui, en premier lieu, devraient bénéficier des propositions d'aide, thérapies et autres.

Le député Fernand Kartheiser continue à remettre la violence juvénile à l'ordre du jour, comme à travers sa récente question parlementaire se rapportant à la violence à l'école, adressée aux Ministres Meisch et Bausch. Je l'en remercie. Empêcher que ce sujet capital ne glisse vers l'oubli ou soit passé sous silence, c'est déjà apporter secours aux victimes.

Kelly Meris