Depuis les années 1980, médias et experts au sein de l’Union européenne n’ont cessé de présenter la privatisation des services publics comme la solution, la quadrature du cercle économique !

Cela commençait à être le dorado des sociétés anonymes qui, au nom de la concurrence libre, s’étaient emparés des anciens services publics.

Parfois cette privatisation frôle le ridicule, comme par exemple en Suède où 36 compagnies se partagent l’exploitation d’une seule ligne de chemin de fer (cf. Monde diplomatique, juin 2016). En France l’Etat était tellement pressé à privatiser qu’il a cédé les autoroutes pour le modique montant de 14,8 milliards d’euros alors que la Cour des comptes avait évalué les concessions à 24 milliards d’euros.

Il est symptomatique que la plupart des services rentables ont été cédés à des multinationales privées. C’est un phénomène que l’on peut constater au niveau européen où la politique est dominée par un ultralibéralisme économique d’un côté et d’une politique conservatrice de l’autre.

En Grande-Bretagne on a tardivement essayé de tirer la leçon de cette « braderie » des services publics. L’on sait qu’en Grande-Bretagne des entreprises privées sont gestionnaires de l’eau, 95 % des profits ont été redistribués aux actionnaires. Les réinvestissements nécessaires pour le réseau furet délaissés. Ce qui explique l’état désastreux dans lequel se trouvent actuellement les réseaux d’eau potable. Les voix des habitants d’Outre-manche pour une renationalisation de certains secteurs publics ne sont pas un fruit du hasard. Il y en a de plus en plus qui comprennent qu’on les a amadoués pendant 30 ans avec des promesses de brocanteur, baisse de prix, enrichissement des collectivités, etc.

Mais leurs protestations risquent de rester non-entendues, car il ne faut pas oublier que c’est la Commission européenne qui fut et restera du côté des « privatiseurs ». Ceci nonobstant le fait prouvé que jadis les profits générés par des entreprises publiques restaient dans le public et y étaient réinvestis. Aujourd’hui on ne parle plus que de dividendes et de rentabilité.

Une politique d’acharnement pour faire durer une illusion jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à privatiser. La désillusion finale est programmée !

Edouard Kutten