Les partis conservateurs d’obédience chrétienne ont toujours dominé la politique européenne. Longtemps c’était une « guéguerre » entre eux et les sociaux-démocrates pour l’obtention d’un poste au plus haut niveau politique de l’Union européenne.

Mais la donne politique a changé depuis que la gauche s’est sabordée elle-même en abandonnant le dernier bagage idéologique dans l’espoir d’être plus « libre » dans la course au pouvoir au niveau européen. La « crédibilité » est à ce prix !

Entretemps les droites conservatrices font les yeux doux aux extrêmes droites au niveau européen. Car du point de vue politicien ceci n’est rien d’autre qu’un « remake » de la politique nationale. Une partie de la droite conventionnelle et même du « centre » n’a plus peur d’afficher des alliances avec des formations nationalistes.

Mais ceci n’est pas un phénomène récent. En Italie, la   Forza Italia  de Berlusconi dansait déjà avec allégresse le « paso doble » avec l’extrême droite de la  Lega Nord de Bossi. On n’y trouvait rien à redire au niveau européen et ce ne fut donc pas un hasard si Draghi, un « fidelio » de Berlusconi, devint président de la Banque Centrale Européenne (BCE).

En Espagne, le parti d’extrême droite  VOX  a révélé à la date du 26.06.2019 (cf. Humanité 27.06.2019) un accord secret avec le  PP  (Partido Popular d’Aznar & Co) en Andalousie. VOX se déclare prêt à s’engager dans une majorité de droite au niveau national à condition de faire « respecter » certaines de ses revendications minimales, comme  l’arrêt de l’accès au soin pour les sans-papiers ou l’abolition des subventions pour les syndicats ou associations à « caractère idéologique ».

En Allemagne il y a au sein de la CDU une vraie zizanie. La tendance à faire dans les « Länder de l’Est » des alliances avec l’extrême droite devient de plus en plus forte et ceci surtout après les revers politiques de Merkel. A savoir que J. Gauck, ancien président de la République allemande, a appelé à une « tolérance étendue vers la droite ». La CDU  doit redevenir le « foyer pour les conservateurs » (cf. Humanité 27.06.2019). Liberté et pluralité ne sont plus recommandées !

En Belgique, le parti NVA (parti nationaliste flamand), présenté par les médias comme de droite traditionnelle alors qu’il est ouvertement « anti-migrants », prépare une alliance pour le gouvernement régional avec le Vlaams Belang, dont le leader fut récemment reçu par le roi Philippe.

Si l’on veut avoir du pouvoir, l’incohérence politicienne fait partie du jeu ; ainsi, par exemple, le NVA côtoiera au Parlement européen les ultranationalistes de VOX au sein des conservateurs (ECR). Dans le langage politicien cela s’appelle faire des manœuvres tactiques. Quant à leur résultat, la Coordinatrice européenne de la lutte contre l’antisémitisme, Katharina von Schnurbein, a dû constater lors de son échange de vues au Luxembourg que « l’antisémitisme augmente malheureusement en Europe » (cf. Chambre des Députés, numéro N07 2018-19) !

Ceci étant dit, après distribution des postes importants au sein du Parlement européen, on repassera à l’ordre du jour politique !

Edouard Kutten