« La justice… consciente de ce qu’elle est un rouage essentiel de l’Etat de droit… ne peut assurer ce rôle que si elle profite de la confiance du justiciable » Sic communiqué du Parquet Général du 04.07.2019

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Pourquoi alors en avoir abusé ?

Ne perdez jamais de vue que la justice est le lieu où l’image du Pouvoir prend corps.

Le 04.07.2019 était le jour de vérité pour la justice luxembourgeoise.

C’est alors et pour la toute première fois, que les responsables du Parquet Général ont dû reconnaître avec contrition s’entend, et à l’insu de leur plein gré, mezzo voce, de graves lacunes et déficiences – en particulier le fait impardonnable que les errements, sans base juridique suffisante, suivis et connus sous la sombre étiquette de Ju-Cha, n’ont à aucun moment été mis en accord avec les nouvelles normes de la protection des données personnelles.

Quel bégaiement devant les problèmes essentiels.

C’est en cours dit-on.

Depuis quand ?

S’il n’y avait pas eu mon courrier du 29.05.2019 et dans la suite l’intervention de courageux députés qui avaient fini par mettre un terme à la douce somnolence, il n’y aurait à ce jour rien eu…

Je n’en veux pour preuve que les constantes et encore toutes récentes contestations de nos Procureurs et de Mr Frising en particulier, qui rejetaient avec véhémence tout abus et toute déloyauté et les menaces à peine voilées de son Excellence Braz, le bon enfant de la justice, qui épousait les conneries qu’on lui avait fait avaler.

De toute façon, loi de la protection des données ou pas – garder dans les recoins du Ju-Cha des décisions d’acquittement, de non-lieu, de réhabilitation est une aberration qui, pour tout juriste même frappé de cécité, aurait dû être corrigée aussitôt.

Roma locuta, causa finita.

Il n’y avait rien à attendre pour rendre opérationnel le droit à l’oubli.

Nos magistrats debout auraient dû avoir l’hermine toute hérissée de n’y avoir pas pensé.

Nul besoin de recourir aux lumières de l’Académie pour éclairer les évidences.

Les évidences brillent de leur lumière propre.

Elle est aveuglante.

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Pourquoi faut-il d’abord une spirale de contrevérités et de tergiversations pour finalement avouer ?

Ceux qui n’ont pas fait ce qu’il fallait faire sont nos fonctionnaires les plus élevés en grade et payés par le citoyen pour veiller au strict respect de la loi.

Il n’y a pas place pour louvoyer.

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Pourquoi le Parquet a-t-il dû attendre la conférence de presse du 28.06.2019 pour comprendre que les choses ne tournaient pas rond chez lui ?

Comment faudrait-il appeler une telle indigence ?

A-t-il dû encaisser les remontrances de l’Autorité de Contrôle de la Justice pour se remettre sur le droit chemin de la légalité ?

Lamentable à beaucoup de titres - n’est-ce pas ?

Comment ces fonctionnaires feront-ils, pour que le citoyen qui se sent roulé dans la farine reprenne confiance dans le troisième Pouvoir, qui est des trois Pouvoirs peut-être le plus important, alors qu’il représente pour le citoyen en désarroi, l’ultime havre où il peut s’attendre à un traitement humain, respectueux des Droits de l’Homme, garantissant la totale impartialité et indépendance des magistrats tant debout qu’assis ? – en théorie du moins.

Que doit-il penser quand il est soudain confronté avec le bourbier dans lequel on l’a fait patauger depuis un mois – un mois de contradictions, de contrevérités, d’incohérences, de réticences ?

L’indigent communiqué du 04.07.2019 n’a fait qu’accentuer la méfiance vis-à-vis, de ce qu’eux-mêmes appellent, le rouage essentiel de l’Etat de droit.

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Le casus Georges, qui a fait l’objet d’un reportage hier soir à RTL, se passe de tout commentaire, à tel point il est « erdoganien », « poutinien », moche, inouï, dégueulasse, oui dégueulasse, le mot est grossier, mais convient parfaitement.

Voilà une nouvelle confirmation de ce que nous étions obligés de dénoncer fin mai.

Il faut vraiment s’insurger contre un tel arbitraire policier, qui fera, si cela continue, basculer le pays dans une sournoise espionite de flics.

Quoi de plus répugnant, de plus révoltant, que cette politique de surveillance du citoyen ?

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Nous vivons dans une société d’hypocrites.

Il suffit de gratter le vernis qui couvre la surface des choses pour voir surgir l’hideuse gueule de la guenon.

D’où ce conseil à la Politicaille de tous bords :

Cessez de jouer au Gutmensch dans les pays du Tiers Monde, en y prêchant les Droits de l’Homme, que vous refusez d’appliquer chez nous.

Le 05.07.2019.

Gaston VOGEL