Le terme d’exploitation du travail a été banni du vocabulaire du libéralisme économique, cela ferait trop socialiste. Ainsi parle-t-on de temps en temps d’inégalités persistantes dans certains pays.

Or ce n’est pas en changeant de vocabulaire que les problèmes disparaissent. La dernière étude de l’OIT (Organisations internationale du travail), publiée fin 2017 (cf. Figaro-éco, 07.07.2019), a clairement montré que les inégalités salariales n’ont toujours pas diminué, mais sont au contraire en pleine croissance, et ceci de par le monde. 10 % des travailleurs les mieux payés disposent de 48,9 % du montant total des rémunérations mondiales, tandis que 50 % les moins bien « rémunérés » n’en touchent que 6,4 %.

Les inégalités salariales sont surtout révoltantes dans les ex-colonies en Afrique. L’exploitation du fruit du travail a gardé son caractère colonialiste. En Afrique subsaharienne  50 % des travailleurs ne touchent que 3,3 % des revenus du travail, en Europe leurs comparses européens (même proportion) arrivent à 22,9 %.

Apparemment c’est le prix à payer pour que la mondialisation fonctionne au grand bonheur de ceux qui savent en profiter. Les 10 % les plus pauvres devraient travailler plus de trois siècles pour gagner autant que les 10 % les plus riches (cf. P.L.T. – Figaro, 06.07.2019). L’exploitation de la main d’œuvre a de l’avenir.

Pourtant officiellement il n’y a pas raison de parler d’exploitation du travailleur au niveau mondial. La lutte des classes a été déclarée révolue.

Apprenons donc à vivre avec les inégalités du système !?

Edouard Kutten