Notre auteur de longue date Edouard Kutten avec un courrier concernant la réforme des pensions.

La réforme des pensions n’est pas un sujet débattu sur la place publique. On préfère confier cette besogne à des « spécialistes » agissant en coulisses. Le moment venu, le public sera confronté à un fait accompli.

L’on sait que dans tous les pays de l’Union européenne le patronat exige une réforme des systèmes de pension actuels. Le fil conducteur est celui de l’abrogation de certains privilèges acquis. Il faudra aller travailler plus longtemps pour le commun des mortels. En France par exemple l’âge légal de départ à la retraite est mis en question, fini les 62 ans, les 64 ans sont prévus, cela s’appelle dorénavant l’âge pivot. La fin du départ anticipé pour les métiers pénibles est programmée.

Toutes les réformes ne peuvent cacher leur caractère antisocial en y regardant de plus près. Sachons qu’actuellement 20 % des femmes en France (cf. Humanité 21.07.2019) sont contraintes de travailler jusqu’à 67 ans.

Le patronat français ne fait que jurer sur le nouveau système de pension à points. Soumettre les pensions à des contraintes budgétaires comme le préconisent les « économistes nouvelle vague », est synonyme de régression des droits à la retraite.

Dans ce contexte il faudrait citer Fr. Fillon, ex-premier ministre, qui en 2016 avait déclaré : « Le système par points, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue. Cela permet de diminuer chaque année la valeur des points et donc de diminuer le niveau des pensions ». Le patronat ne lui a jamais pardonné ces propos.

La vérité n’est jamais bonne à dire. Il vaut mieux « filouser » comme R. Barre qui déclara le 5 octobre 1976 : « La première démarche de justice sociale est de faire disparaître la fraude fiscale … ».  C’est ainsi qu’il présenta son programme en tant que premier ministre. La réalité l’a rattrapé post-mortem : « Le magot suisse de Raymond Barre découvert par les limiers du fisc » (cf. Le Canard enchaîné, 03.07.2019).

Bref, prêcher la rigueur n’empêche pas de garder un certain « faible » pour l’argent !

Edouard Kutten