D’excellents commentaires ont paru au Forum RTL sur cette jeune Greta qui est en passe de devenir la Jeanne d’Arc du « Klimawandel » ...

Mes lecteurs voudront relire entre autres les prises de position de Mio74, Saul, Lannenhary, JOSM3. Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ces réflexions faites au coin de l’intelligence et du courage.

La légende s’inscrit dans une atmosphère de fin du Monde créée par les Greng, passés maîtres en catastrophisme obscurantiste.

Dans un article paru au Monde Diplomatique d’août 2019 sous le titre : « La fin du monde n’aura pas lieu », l’auteur écrit que le thème du cataclysme climatique fait le bonheur des libraires et il énumère tout ce qu’un quidam en mal de sensations pourra trouver dans les rayonnages pour faire passer les vacances.

–  Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie, à l’usage des générations présentes (Seuil 2015)

–  Pourquoi tout va s’effondrer, par Julien WOSNITZA (2018)

–  Les cinq stades de l’effondrement, par Dimitry ORLOV (2016)

–  Survivre à l’anthropocène, par Enzo LESOURT

–  etc. etc.

Il est renvoyé à la page 3 du Monde Diplomatique où on peut trouver le détail de cette littérature alarmiste.

Et voilà que surgit de ce marasme « littéraire » une figure vivante et mythique qui incarne d’un coup tout ce qu’on a pu écrire sur les catastrophes qui assombrissent l’horizon.

Une fille à peine sortie de l’enfance (seize ans) qu’on dit malade s’apprête à affronter l’océan dans une embarcation précaire pour aller porter la contradiction aux puissants de ce monde réunis en aéropage à New-York.

Elle sait prononcer comme Chamanesse de sombres paroles collapsionnistes : « Je ne veux pas que vous soyez pleins d’espoir. Je veux que vous paniquiez ».

Ainsi naît une nouvelle légende.

La légende Greta qui vient de se lover au cœur du Gutmensch appelle pourtant au scepticisme accru.

Il est légitime de se questionner sur le ténébreux arrière-fond où s’organise ce scénario d’un alarmisme inédit à ce jour.

Qui instrumentalise cette jeune femme inexpérimentée, sans aucune instruction scientifique, qui, au regard de son âge (seize ans), ne peut embrasser un problème si hautement compliqué et complexe qu’est le fameux « Klimawandel » ?

Qui lui suggère ce discours effondriste qui, au demeurant, s’insère parfaitement dans le climat collapsionniste généré par les Greng ?

Tous ceux qui n’aiment pas trop questionner sont émus de la voir à l’œuvre.

Cela a quelque chose de mystique et de mythique.

Le ludique se mêle à l’onirique.

Toute cette chimie fait qu’elle sera pour un temps une icône qu’on vénère comme si elle venait d’un autre monde.

Il y a quelque part ce frisson méta propre à subjuguer les consciences.

Elle a déjà été brièvement reçue par le Pape François.

Cela promet.

L’homme est ainsi fait que tout ce qui est insolite, singulier, nouveau, parfait ou monstrueux se mute en récipient pour les forces magico-religieuses et, suivant les circonstances, en un objet de vénération ou de crainte, en vertu du sentiment ambivalent que provoque constamment le sacré (voir Mircea ELIADE, Traité d’histoire des religions, page 25).

C’est ce que nous vivons en ce moment.

L’effet Greta serait nul si, au lieu d’avoir seize ans, elle en avait vingt-cinq.

Elle laisserait le monde de glace.

Personne n’en parlerait.

C’est le jeune âge de cette personne à peine sortie de l’enfance, malade par-dessus le marché, son pâle visage mangé par de grands yeux et sa détermination qui expliquent cette adoration quasi-religieuse.

Peut-être sera-t-elle sous peu consacrée Nobel, comme le fut cette autre icône de Birmanie, dont la hideuse nature s’est révélée un peu plus tard au grand dam des « Nobelistes ».

Je m’attends à une tempête de protestations, car rien n’est plus répréhensible que de toucher (simplement toucher suffit) à une image d’Epinal que le cœur des braves gens vénère avec une facilité et un fanatisme déconcertants.

Dans fanatisme, vous trouvez la racine fanum, le temple.

Un effet majeur de tout ce cirque est que le « Klimawandel » est relégué au second rang, alors qu’au premier on suit avec impatience et un intérêt toujours renouvelé les arabesques que Greta ne cesse de dessiner.

Ça prend l’allure d’une hiérophanie.

Cela me fait penser à l’inversion de Peter, ce fameux professeur américain de Harvard qui, dans les années soixante-dix, savait distraire un intellectuel avec ses fameuses analyses portant sur le principe d’hiérarchie qui constitue la base de nos sociétés.

L’inversion de Peter a lieu si la bonne marche du service prime le service lui-même et sa production.

En l’espèce, c’est le cirque qui prime le fond et les vrais problèmes.

Qui peut être intéressé à un tel détournement de l’objectif primordial ?

Quelques commentateurs du Forum ont jeté à bon escient un regard critique sur le sponsoring de l’Odyssée qui est en cours.

Apparaît le nom BMW – constructeur de voitures Diesel – qui fait partie des pollueurs et prétendus responsables du « Klimawandel ».

Greta avait vite compris.

Les sponsors ont brusquement quitté l’embarcation.

Elle avait sans doute signé avec eux des contrats où la confidentialité est de rigueur.

Une générosité de sponsor n’est jamais innocente.

C’est ce sponsoring qui m’interpelle et me rend une fois de plus sceptique sur les véritables intentions qui sont le moteur de l’Odyssée en cours et qui, à mes yeux, est d’un ridicule inégalable.

Inouï de mettre en doute les agissements de cette merveilleuse jeune fille, me dira-t-on.

Un sacrilège.

Eh bien, je suis en droit de m’interroger là comme ailleurs, tout en sachant que je le fais dans un domaine où tout est vérité et donc interdit à tout questionnement.

Nous sommes en religion.

Nous touchons là un des moments les moins sympathiques du cirque.

« Tout est là, paître ou ne pas paître, je vous le dis en vieux françois », disait COURTELINE.

Et, dans un esprit de conciliation, j’aimerais terminer sur cette pensée de CHAMFORT :

« Grands et petits, on a beau faire, il faut toujours se dire comme le fiacre aux courtisanes dans « le Moulin de Javelle » : Vous autres et nous autres, nous ne pouvons nous passer les uns des autres ».

Le 19 août 2019.

Gaston VOGEL