Eise Lieserbréif-Auteur schreift iwwert déi sproochlech Mondialisatioun.

Evoluer avec le temps ne suffit plus, il faut être « in ». Tel le veut la mondialisation linguistique qui est un corollaire de la mondialisation économique et politique sous hégémonie absolue des Etats-Unis d’Amérique après la fin de la Guerre froide.

En faire seulement une conséquence incontournable du nouveau langage technique est une excuse trop banale. Il faut accepter de devoir reconnaître que l’on a adopté la langue du dominateur,  « the master’s voice ».

La France en est un bon exemple. Les anglicismes ont envahi la publicité et les entreprises. La classe politique à certaines occasions se sert aussi de ce « franglais » pour impressionner le public. Parler de « marketing », de « meeting » ou de « consulting » impressionne ; le « logistic jobber » ne gagne cependant pas plus que le « rangeur d’étalages » !

Mais il vaut mieux avoir un « burn out » qu’une flemme et faire du « fitness » est « in », bien que faire ses courses à pieds chaque jour soit meilleur pour la santé.

Les Français ne passent pas par hasard pour des cocardiers, le résultat d’une médiatisation « cocorico ». Et la France, selon l’avis de ses politiciens, se doit de conserver son patrimoine, ce qui se résume au quotidien au fait qu’il vaut mieux réparer une chapelle que de sauver une salle de classe délabrée.

Pas étonnant que l’on ait laissé faire les saboteurs de la langue française qui mériterait à être protégée, et ceci non seulement dans l’Hexagone. Ce qui a facilité la tâche des « anglicistes » est la triste constatation que les Français sachant pratiquer la langue de Voltaire sont devenus une minorité. Cela se reflète dans la largesse, commanditée par les hautes instances de l’Education nationale, avec laquelle l’on corrige les épreuves du bac. Syntaxe, orthographe, phraséologie et vocabulaire sont passés au second rang.

Apparemment il est devenu de plus en plus difficile pour l’actuelle génération du « fast food » et du « stand by » de faire certaines différences subtiles en orthographe. La tendance est d’offrir deux possibilités en cas de litige, c’est la solution de la facilité qui ne crée pas de griefs. En 1990, par exemple, vu le problème existant entre « événement » et « évènement », la réforme de l’orthographe donna la priorité à « évènement », mais « événement » est accepté.

Abstraction faite de ces accommodements, la « langue » est en train de devenir une marchandise assujettie aux lois du mercantilisme linguistique. Cette constatation ne concerne hélas pas seulement la langue française !

Edouard Kutten