Pour le commun des mortels, avoir un rendez-vous chez un médecin spécialiste dans un délai de 3 à 5 mois est de bonne guerre. Encore faut-il savoir qu’il y a en 2019 des pays au sein de l’Union européenne où les malades ont à faire face à une vraie discrimination aux soins.

Ce sont les populations en situation de précarité qui en sont les victimes. La France, se disant « grande nation », fait partie de ces pays. La CMU-C (Couverture maladie universelle complémentaire) a « testé » de février à mai 2019 1.500 cabinets médicaux (cf. La Voix du Nord, 01.11.2019). L’étude a constaté chez 9 % des dentistes un refus injustifié de rendez-vous à l’égard des bénéficiaires de la CMU-C, 11 % pour les gynécologues, 15 % pour les psychiatres.

Il y a de grandes variations entre les régions. A Paris, par exemple, 40 % des dentistes ne donnent pas de rendez-vous aux bénéficiaires de la CMU-C. Dans la ville aux mille lumières il vaut mieux être bien portant si l’on n’appartient pas aux classes aisées. Plus de 7 millions de personnes sont exposées à ce système de discrimination.

Il y a en France, comme ailleurs, un ordre des médecins et le code de la Sécurité sociale prévoit des pénalités, des peines et des sanctions à l’encontre des médecins fautifs. Mais rien n’y fait. L’ordre des médecins en France règle ses problèmes en « interne ».

Quand à la déontologie, ce cours n’est plus à l’ordre du jour dans bon nombre de facultés. Déontologie et médecine ultralibérale sont apparemment incompatibles !

Edouard Kutten