Alors que la commémoration du 11 novembre, célébrant officiellement l’armistice de la Grande-Guerre, reste en France un jour de gloire, médiatiquement exploité à outrance, il a fallu par contre des décennies pour « monumenter » la « quatrième génération du feu ».

Macron a « enfin » pu inaugurer un monument en leur mémoire. Mourir pour son pays est une chose, être reconnu plus tard comme « mort pour la patrie » en est une autre. L’écosystème mémoriel n’est pas accessible à tout le monde. Il n’y a qu’à voir que 80.000 noms ont été refusés pour figurer sur les monuments de 1914-18.

Quant à la « quatrième génération du feu », l’on n’aime pas en parler officiellement. Car elle est la preuve que la France, comme d’autres pays de l’Union européenne aussi, a menti quant à sa neutralité militaire lors de conflits camouflés ou tus.

La France peut présenter une liste impressionnante de « terrains d’opérations », terme officiel pour ces interventions, comprenant l’Afghanistan, Burkina Faso, Cambodge, Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Ex-Yougoslavie, Gabon, Golfe, Haïti, Irak, Liban, Libye, Mali, République Centrafricaine, Rwanda, Somalie, Tchad et Zaïre. Le nombre d’agents spéciaux s’élève à 638, mais seulement 549 rentrent dans les critères « morts pour la France »  (cf. www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr)

Les 200 agents « très spéciaux » morts resteront à jamais anonymes, cela vaut mieux pour la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). Ils ont seulement droit à un hommage très discret.

Se servir de monuments du souvenir à des fins politiciennes est scandaleux. Or cette pratique est de « bonne guerre » dans bon nombre de pays. C’est tout dire … !

Edouard Kutten