Dans beaucoup de pays de l’Union européenne il y a des agences de développement chouchoutées au plus haut niveau politique et financées en grande partie par l’Etat.

L’Agence belge de développement, Enabel, a involontairement attiré l’attention sur ses activités. En effet, son p.d.g. J. VanWetter a déclaré : « Je dis aux entreprises belges : venez investir en Afrique » (cf. Libre Belgique-Eco, 30.11.2019). L’on sait que beaucoup de firmes belges ont une longue tradition colonialiste et l’on sait que leur activité au Congo, par exemple, a réjoui plus d’un actionnaire. J. VanWetter a seulement voulu inciter de jeunes entreprises à emboîter le pas de leurs illustres ancêtres, comme Cockerill, etc. …

La France incite moyennant promesse d’avantages fiscaux etc. à investir aussi en « Afrique francophone », à savoir les vieilles colonies françaises, dont certaines regorgent de richesses de sous-sol, comme par exemple le Mali. Les anciens pays colonialistes ayant puisé leur richesse dans l’exploitation de ces pays, reviennent à leurs « premiers amours » par personnes interposées ou prête-noms. Le nombre croissant de millionnaires africains n’est plus un hasard, et la pauvreté des indigènes en est la conséquence.

Mais pouvoir investir dans les pays de Moyen-Orient est devenu le « must » de l’ultralibéralisme économique. A Dubaï, où aura lieu l’Expo universelle en 2020, la machine ultralibérale, exploitant les travailleurs, a pu s’en donner à cœur joie. Il en est de même sur les chantiers de la Coupe du Monde de football en 2022 à Doha. Le Qatar et les Emirats arabes unis sont connus pour leur faiblesse en matière de respect du droit de travail, dont les travailleurs migrants sont les premières victimes.

Que ce soit dans la construction immobilière ou sur les grands chantiers, il y a des centaines de morts à déplorer. En 2016 l’organisation suisse Humanrights avait dévoilé les méthodes de travail infâmes auxquelles doivent se soumettre les travailleurs. Dubaï est resté l’eldorado ultralibéral. Mais on fait preuve de « bonne volonté », ainsi les Emirats ont-ils créé 80 postes d’inspecteurs pour surveiller 20.000 sociétés.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’en janvier 2018 de nouveaux projets furent alloués à des « sociétés qui avaient déjà été montrées du doigt pour le traitement de leurs travailleurs » (cf. S. Boussois, Libre Belgique-Eco, 30.11.2019). Dubaï continue à faire fi des règles humaines élémentaires au travail.

Le Luxembourg sera bien présent à l’Expo universelle à Dubaï, considérée comme « la plus grande exposition universelle de tous les temps ». La folie de grandeur du lobby écono-politique indigène oblige !

Edouard Kutten