La neutralité climatique ne se fera pas avant 2050. Voilà la conclusion qu’on peut tirer du sommet de l’Union européenne de Bruxelles du 12.12.2019. Ce « Green Deal » mérite bien son nom. Le marchandage fut à l’ordre du jour.

A. Babis, président de la Tchéquie, veut à l’avenir investir dans l’énergie nucléaire, qui, selon lui, est une énergie propre sans émissions. Les « anti-nucléaires » au sein de l’Union européenne savent que les besoins en énergie électrique dans la société mondialisée de consommation et de gâchis ne peuvent être garantis avec du « bio vert ». La dépense d’énergie gâchée pour les fêtes de Noël et du Nouvel An par exemple n’est contestée par aucun, même pas par les Verts.

Le message de l’Union européenne à la COP25 à Madrid est significatif. Grâce à quelques acrobaties politiques on a su camoufler les multiples divergences ; l’Union européenne a récompensé ces « acrobaties du Green Deal » en mettant à disposition un fonds de 100 milliards d’euros (cf. Tageblatt 13.02.2019).

Au Luxembourg l’on reste plein d’optimisme quant à l’avenir climatique. Même si au niveau international l’on n’arrive pas à boucler les règles de jeu de l’accord de Paris. La « justice climatique » reste un privilège pour une minorité.

Cl. Turmes, ministre de l’Energie, a lors de son interview sur RTL (cf. 07.12.2019) relaté les performances indigènes au niveau environnemental. Une des « promesses vertes »  est le tram à Luxembourg-ville que, selon une enquête du Tageblatt, seulement 3 % des interrogés utilisent quotidiennement. Un autre « dada écolo » est l’usage de la trottinette électrique en ville. Jusqu’à présent il n’y a pas de règlementation quant à son utilisation, port de casque, assurance, etc., et la trottinette risque de rester un joujou pour quelques « gogos ».

Une taxe CO2 plus élevée ne résoudra pas non plus tous les problèmes environnementaux, mais risque de pénaliser de nouveau les milieux sociétaux défavorisés qui doivent bien continuer à chauffer leurs habitats et pour qui chaque dépense supplémentaire pèse extrêmement lourd.

La place bancaire au Luxembourg reste cependant ouverte à tous les pollueurs. Que  Barclays, HSBC ou RBS, par exemple, qui ont toutes des ramifications au Luxembourg (cf. L’essentiel, 06.12.2019),  financent l’industrie du charbon, ne dérange personne. Cela fait partie du « business as usual ». Acheter des actions de Total, est faire preuve d’un certain sens de la réalité, sachant que Total possède 419 puits de pétrole rien qu’en Ouganda. Les forces spéciales françaises y veillent au grain.

Mais optimisons, rêvons d’un déjeuner sur l’herbe en dessous d’une éolienne !

Edouard Kutten