Il est incontestable que le maintien de l’ordre cause problème dans maints pays lors de manifestations d’ordre majeur mettant en cause la politique pratiquée par le gouvernement respectif. Il faut savoir que les milieux politiques au pouvoir sont allergiques à la contestation de l’ordre bien établi.

La France vient d’en fournir un exemple symptomatique lors des manifestations des « Gilets jaunes ». L’ordre « fut maintenu » à bras de force, entraînant la mutilation d’une trentaine de manifestants ; les « Reporters sans frontières » ont porté plainte vu que 13 journalistes ont été victimes de violences policières.

Ce qui se passe en France est la preuve qu’au sein de l’Union européenne on est incapable de penser le maintien de l’ordre autrement que dans un rapport de force au sens primitif du terme. Les policiers sont de plus en plus armés, l’usage de flash-balls ou/et de grenades lacrymogènes, assourdissantes ou aveuglantes est devenu la norme. Cela fait partie de la formation des agents. Pas question de parler de désescalade !

Ce n’est pas un hasard que l’on retrouve des instructeurs européens aux confins de l’Afrique, de l’Amérique du Sud, voire dans les pays arabes. Les régimes autoritaires sont friands d’un maintien de l’ordre musclé et prêts à payer le prix.

En Europe, le rôle de la police en démocratie doit être redéfini. Aux uns le droit de taper et aux autres le droit de manifester n’est pas la solution !

Edouard Kutten