L’Afrique, qui a longtemps été plongée à dessein dans un anonymat politique, devient soudainement une des priorités de l’Union européenne.

Selon Ursula von der Leyen, « l’Europe et l’Afrique sont des partenaires naturelles » (cf. Le Figaro-éco, 28.02.2020). La présidente de la Commission européenne parle d’un « lien historique ».

Ce lien est indéniable, car « l’Afrique noire » a toujours été un terrain d’enjeu pour les multinationales, sachant que l’Europe est un grand gaspilleur, mais qui est dépourvu des ressources les plus élémentaires. En colonisant l’Afrique, sous prétexte de la « civiliser » et en mettant au pouvoir des régimes fantoches, le tour était joué.

Le Soudan fait exploiter ses ressources en pétrole, cuivre, argent, la Somalie son manganèse et son uranium, la Côte d’Ivoire son or, ses diamants, le cobalt et le manganèse, et ainsi de suite.

U. von der Leyen ne fait au fond que suivre la stratégie lancée en 2017 par son prédécesseur Jean-Claude Juncker. Et jusqu’à présent personne ne s’est inquiété en haut lieu politique de l’Union européenne des incohérences manifestes de cette stratégie. Ainsi l’Union européenne continue-t-elle, par exemple, à subventionner sa propre agriculture via la PAC, tout en sachant que par-là elle désavantage l’Afrique.

La rhétorique politicienne ne change rien au fait que l’Afrique continue à être exploitée aux dépens de sa population.

Cet esprit de colonisation qui perdure est en effet un lien historique très spécial !

Edouard Kutten