Le prolongement officiel du confinement n’empêche en rien le redémarrage des activités industrielles dans maints pays de l’Union européenne.

Celle-ci n’a pas hésité à se saborder en déclarant pour le moment sans effet les traités de Schengen, voire de Maastricht.

La libre circulation des capitaux néanmoins fonctionne encore, ce qui est significatif. Les frontières sont devenues l’enjeu d’intérêts nationaux, allant de la fermeture complète à la fermeture sélective.  Le traité de Maastricht fut mis hors circuit à la plus grande satisfaction de quelques grands pays comme l’Allemagne, par exemple.

L’Allemagne, comme d’autres états, profite de l’aubaine pour s’affranchir de sa rigueur de budget. Elle a déjà annoncé une hausse de 50 % du soutien financier à l’économie, soit 833 milliards d’euros (cf. Le Figaro-éco, 23.03.2020). 156 milliards d’euros supplémentaires seront empruntés.
L’endettement des Etats est de nouveau à l’ordre du jour, le redémarrage des activités industrielles est à ce prix.

Au Luxembourg, Arcelor-Mittal a repris la production à Belval, Differdange et Rodange le 30 mars 2020. Selon les responsables d’Arcelor-Mittal, cette reprise serait dans l’intérêt de tous les groupes d’intérêt. Les actionnaires seront les derniers à s’y opposer.

Il est « compréhensible » que le droit de travail doit être adapté à cette situation spéciale, ce qui est fait par le gouvernement luxembourgeois. La journée de 12 heures, voire la semaine de 60 heures de travail sont envisagées. Les contrats collectifs par là-même seraient court-circuités.

En France l’on dit que les salariés du « redémarrage » participent particulièrement à l’effort national. Ils sont « au front pour faire tourner l’économie ». Pas question de déserter, on est en guerre !

C’est l’industrie automobile, et surtout PSA en France qui a insisté sur le redémarrage de ses usines en France et en Europe. Le profit avant tout. C. Tavares, le président du directoire du groupe, était très clair là-dessus. Il faut éviter que le groupe soit trop « assisté » par les pouvoirs publics (cf. Le Figaro-éco, 28.03.2020). Cela pourrait en effet perturber la politique des dividendes du groupe.
Quant à la pandémie, une fois terminée, qui garantit que toutes ces libertés et acquis sociaux suspendus seront rétablis intactes et non amoindris.
Bonne question … !

Edouard Kutten