Il y a beaucoup de spéculations qui circulent sur la reprise économique après la pandémie.

L’OIT (Organisation Internationale du Travail) ne partage pas les rêveries d’une reprise mirobolante de l’économie que quelques politiciens propagent pour « rassurer » les salariés. Autour de 25 millions d’emplois supplémentaires sont, selon l’OIT, menacés de par le monde. Le sous-emploi va croître en même temps, le travail à temps partiel deviendra la norme dans certains secteurs économiques. En France, par exemple, l’on compte actuellement 11 millions de chômeurs partiels (cf. Le Figaro, 04.05.2020). Un désastre économique et social !

Il n’y a qu’à espérer que la Sécurité sociale tienne le coup là où elle existe, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays concernés. C’est un fait que la Sécu est un garant de l’intérêt collectif, à condition qu’elle fonctionne. L’on doit constater que le déficit de la Sécu continue de grimper dans beaucoup de pays de l’Union européenne. Cela est dû à la politique de la « priorité aux grandes entreprises », permettant un report des charges sociales et fiscales. En France, le déficit de la Sécu se chiffre à 41 milliards d’euros, un record !

Explosion ou implosion, voilà la question.

Mais en haut lieu politique l’on fait comme si de rien n’était. En coulisse cependant, l’on jase sur une réforme de la Sécu selon le modèle US, c’est-à-dire privatisation du système, chacun se « sécurise socialement » à sa façon.

Cette déresponsabilisation de l’Etat et des employeurs à propos de la sécurité sociale n’est vraiment pas le modèle à suivre. Brader le social empêche toute évolution sociétale démocratique, aussi et surtout après la gestion de la crise sanitaire !

Edouard Kutten