Dans bon nombre de pays de l’Union européenne on a dû constater que pendant la pandémie le sécuritaire a pris le dessus sur le sanitaire entraînant même par endroit une restriction des libertés citoyennes fondamentales garanties.

Dépassés et mal préparés, certains responsables politiques ont parfois donné une réponse sécuritaire à une urgence sanitaire. Ainsi la protection s’est transformée peu à peu en surveillance.

A l’ombre de la raison d’Etat les outils d’analyse sont de plus en plus utilisés à d’autres fins, ce qui fait qu’en France, par exemple, le secret médical est souvent bafoué, selon le professeur Bruno Py, spécialiste du droit médical en Lorraine. La surveillance de la maladie a glissé, selon lui, à celle du malade.

Les avocats doivent constater que surtout les droits de la défense ont été supprimés à certaines occasions. En France, cela s’est fait par simple voie de circulaire. En clair, une simple décision administrative « décide du maintien en détention des prisonniers ».

La société sécuritaire prospère dans les pays de l’Union européenne et le retour à l’Etat de droit n’est pas une des préoccupations prioritaires. D’ailleurs ce ne sera pas facile de sortir de « l’état de crise » : « Legislativer Exit gestaltet sich schwierig » (cf. Tageblatt, 19.05.2020).

Les « faustiens » du pouvoir se seraient-ils pris à leur propre jeu ?!

Edouard Kutten