Depuis le début du déconfinement, le vocabulaire des politiciens qui détiennent le pouvoir a changé. Fini le temps de la « solidarité confinée ». Ce sont les déclarations d’intention qui priment et qui lèvent dans bon nombre de pays le « voile » sur la triste réalité sans masque que le confinement avait occultée.

Les inégalités sociales, par exemple, qui existaient déjà avant la pandémie, refont surface. La désunion dont les Etats de l’Union européenne ont fait preuve pendant la crise, n’est pas restée sans conséquence. Elle se représente sur les négociations du plan de relance.

Les plans sociaux préparés « en haut confinement » entraîneront une vague de licenciements. Les suppressions d'emplois servent à se débarrasser des « poids inutiles » sur le marché de l’emploi. La reconversion de centaines de milliers de salariés devrait être accompagnée durablement, ce qui coûtera de l’argent. Or c’est là que le bât blesse. Pour d’aucuns ces investissements ne sont pas « profitables ».

Il vaut mieux réinvestir dans l’immobilier, voire dans l’automobile. Pour la France, par exemple, le « plan auto » est devenu, selon les experts, vital. Le vélo est réservé pour les rêveurs.

L’économie est prise dans un étau. Le report des charges sociales pour les entreprises ne suffira pas à les sauver toutes. Il y aura plus de faillites et de dépôts de bilan que prévu. Une dégradation de la qualité des actifs détenus par les banques européennes est à craindre à cause des turbulences économiques à venir.

Le surendettement de différents pays aura finalement des répercussions sur la collectivité. Selon le directeur de la Banque nationale de Belgique (cf. La Libre Belgique, 23.05.2020), « les Belges deviendront collectivement plus pauvres ». N’oublions pas que dans ce « collectif », il y en a qui ne risquent pas de souffrir de cette évolution.

Quant aux autres, … consommez, relancez l’économie au quotidien, sinon … !

Il ne faut plus trop compter sur la solidarité politicienne, car la vraie solidarité ne se laisse pas décréter, on ne peut pas l’ordonner, elle est un produit sociétal naturel, ou elle n’est pas !?

Edouard Kutten