Même pendant le confinement les disparités sociales ont continué à œuvrer. Être tous logés à la même enseigne n’était qu’un slogan politicien.

Il est compréhensible que dans maints pays de l’Union européenne, l’on préfère garder le silence. Le confinement a été en tout un coup dur pour les plus modestes. En France, par exemple, une étude de l’Insee, publiée à la date du 19 juin 2020, est très explicite. Les classes sociales les plus pauvres ont le plus souffert du confinement. 50 % des plus modestes ont vu leur situation financière se dégrader encore plus. 43 % des ouvriers ont vu leurs revenus amputés à cause du chômage partiel.

Le suivi scolaire était difficile à être assuré pour beaucoup de familles modestes. La corrélation avec le niveau de vie est très nette. « L’école à la maison » n’a fait qu’agrandir les lacunes déjà existantes. L’école publique fut la grande perdante, tandis que les start-up privées dispensant cours et soutien scolaire les grands profiteurs. Les enfants des milieux défavorisés ont dû se contenter du « smic scolaire » mis à leur disposition par l’école publique.

Le déconfinement se fait sur un arrière plan d’endettement général spectaculaire. En France, la dette publique file tout droit vers les 120 % du PIB. Le FMI n’a pas partagé l’euphorie de certains politiciens pour dire que la reprise sera lente et fragile (24.06.2020).

Il est clair que le déconfinement ne sera pas en mesure de réparer les fractures sociales qui se sont creusées encore plus pendant le confinement.

Confinés ou déconfinés, les perdants sont les mêmes !

Edouard Kutten