Parfois un mythe politique peut devenir une vraie hantise. Tel est le cas pour le « mythe gaulliste » en France. Des élections sans lui ne sont pas pensables. Les dernières élections municipales ont démontré qu’une bonne instrumentalisation de ce mythe vaut son pesant « en voix électorales ». C’était au tour du « fameux » appel du 18 juin 1940 de De Gaulle sur les ondes de la BBC, dans lequel il refusait l’armistice et proclamait la poursuite du combat. De Gaulle savait déjà à l’époque manœuvrer avec habilité l’opinion publique. Il réussissait à faire croire en 1945 aux Français déboussolés qu’ils faisaient partie du camp des vainqueurs, et plus tard il promit au « Pieds noirs » que l’Algérie resterait française.

Rien n’y fit, le « mythe gaullien » fut instrumentalisé par les représentants politique du gaullisme triomphant. Et le monde politique s’inclina. L’hypocrisie et la récupération firent oublier les vieilles querelles politiques.

A chacun « son » De Gaulle, et chaque parti le célèbre à sa façon, on ne peut pas se permettre le « luxe » de ne pas participer à cette commémoration et glorification de De Gaulle.

Macron non plus ! Il a su profiter à merveille de cette présidentialisation institutionnelle fondée par De Gaulle. Les institutions de la Ve République sont devenues de moins en moins crédibles, ce que démontre le taux d’abstention historique de 59,5 % lors des dernières élections municipales. Un choc démocratique qu’on essaie de cacher derrière la « vague verte ».

Le remaniement gouvernemental ne change pas la donne, car un renouveau politique ne peut passer que par une démocratisation des institutions. Sur ce point-là, la constitution française n’est pas la seule à avoir besoin d’un lifting !

Edouard Kutten