Christine Lagarde, présidente de la BCE, avait mis la pression sur les dirigeants de l’Union européenne, en déclarant le 17.07.2020 : « Il est important que les dirigeants européens se mettent d’accord rapidement ». Elle a eu satisfaction, c’est-à-dire c’est la BCE qui dicte ce qu’il y a à faire. Cela n’empêche pas d’aucuns d’appeler ce plan de relance européen étriqué et soumis à des conditionnalités austéritaires, un « accord historique ».

Il est à craindre que le remboursement des 390 milliards d’euros de subventions ne se fasse par le biais d’une politique d’austérité aux frais de la population. Le contribuable européen va rembourser sur trente ans l’endettement des Etats. Un endettement dont on ne voit pas la fin. La France, par exemple, continue allègrement à s’endetter actuellement à taux négatif à dix ans.

Il y a pourtant d’autres possibilités pour rembourser les subventions, comme par exemple l’introduction d’un impôt sur la grosse fortune à l’échelle européenne. Selon les économistes français Landais, Saez et Zucman, se basant sur les chiffres de 2019, cet impôt rapporterait autour de 147 milliards d’euros par an. Horreur !!! Pas question de toucher à ces patrimoines financiers juteux !

Quant à l’évasion fiscale, on en parle de temps en temps, mais on ne fait rien, alors que Tax Justice Network (réseau pour la justice fiscale) a confirmé que chaque année des dizaines de milliards d’euros sont soustraits aux Etats. L’OECD et l’Union européenne ne se gênent pas à publier des « listes grises », voire « noires », sur lesquelles l’on retrouve les noms des Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Royaume-Uni, Irlande, Suisse et Malte, par exemple. Selon une extrapolation de Tax Justice Network, pas moins de 1.150 milliards d’euros de bénéfices transfèrent chaque année par les paradis fiscaux.

La déclaration de A. Cobham, directeur de Tax Justice Network, est sans ambiguïté : « … nous avons maintenant l’un des meilleurs systèmes d’alarme en place. Il faut juste que les gouvernements l’allument » (cf. Humanité, 15.07.2020).

Quoiqu’il en soit, on ne touche pas aux bénéfices des multinationales … un point c’est tout !

Edouard Kutten