Devoir se contenter de contempler de loin la « Lorelei », alors qu’on était habitué à « coloniser » les îles Baléares ou jouer au grand seigneur à Marrakech, est un post confinement traumatique pour d’aucuns.

Donc, tout doucement, une reprise du trafic aérien touristique est à noter. Le lobby des voyagistes joue des coudes pour que les affaires reprennent.

Mais beaucoup de compagnies aériennes ont d’abord à résoudre des problèmes d’ordre financier avant de décoller. Cela implique la suppression d’emplois. Ainsi à Air France 7.500 postes seraient à supprimer d’ici fin 2022 (cf. sources syndicales 30.06.2020). La survie de la compagnie Hop, appartenant à Air France, est en jeu.

La Lufthansa, autre mastodonte européen, doit recourir à l’aide financier de l’Etat allemand qui entre par là au capital de Lufthansa. Mais cela ne résout pas le problème des filiales Austrian Airlines, Brussels et Swiss.

Les conditions de survie passent par une vraie casse sociale. Les conditions proposées par Brussel Airlines sont pires que celles pratiquées par Ryanair. Les banques BNP, Fortis mettent la pression profitant du fait qu’une faillite de la compagnie belge provoquerait des effets en cascade, pas seulement sur l’aéroport de Bruxelles, mais aussi en dehors. Un plan de restructuration (cf. De Tijd 19.06.2020) proposé menace jusqu’à 1.000 emplois au sein de la compagnie.

Certains parlaient d’une forme différente de tourisme après la pandémie. Mais toutes ces « réformes » participent à la massification, sinon l’industrie du tourisme n’est plus rentable. L’OMT (Organisation mondiale du tourisme) était clair à ce sujet. L’on parle de « tourisme de la dernière chance ». L’industrie du tourisme est prête à tout pour la saisir.

Peu importe le crash social, pourvu que cela redémarre, dans les airs, sur mer et sur la terre !

Edouard Kutten