Face aux faillites en « cascade » enregistrées dans maints pays, les politiciens ont tendance à attribuer ce phénomène à la crise sanitaire.

Or bon nombre d'entreprises étaient déjà en difficulté financière avant la pandémie, comme le prouvent par exemple les retards de paiement de factures. Et cela ne concerne pas seulement les plus petites entreprises.

En novembre 2019, la société française de téléphone SFR écopa, à cause de sa pratique des retards de paiements, d'une amende de 3,6 millions d'euros. Une amende qui ne va pas troubler les pratiques de l'entreprise qui afficha en 2018 un chiffre d'affaires de 8,6 milliards d'euros (cf. Humanité, 28.07.2020).

Ce sont hélas les grosses entreprises dont les retards de paiement font boule de neige. Les premiers à risquer la faillite à cause d'elles sont les sous-traitants, livreurs et fournisseurs. Une lettre recommandée ne suffit pas à amener ces entreprises à respecter des délais de paiement. Elles profitent de toutes les astuces de la législation, quel qu'en soit le coût.

Beaucoup d'entreprises dans l'Union européenne ont, pour pallier l'assèchement de leurs liquidités, recouru massivement au prêt garanti par l'Etat. Il ne faut pas oublier qu'avant l'arrivée du Covid 19 beaucoup étaient déjà fortement endettées.
Les banques sont habituées à tirer profit des endettements en temps normal. Or les défaillances de payement des entreprises ont augmenté partout de façon à obliger les banques commerciales à multiplier leurs provisions pour faire face au non-remboursement des crédits. Selon S&P Global Ratings (cf. Humanité, 04.08.2020), 1.300 milliards de dollars seront nécessaires rien que pour 2020.

La pratique systématique de la « dette consolidée » date d'avant la pandémie qui ne fait que révéler sa fragilité !

Edouard Kutten