C’est un phénomène international, car dans bon nombre de pays les universités doivent faire face à un afflux toujours croissant de bacheliers. C’est une hausse continue depuis quelques années. Vouloir expliquer ce phénomène en le liant au « baby-boom » de l’an 2000, est trop simpliste.

Ce serait passer outre le fait que les dernières années l’on a constaté un taux de réussite au bac toujours croissant. En France, par exemple, on note en 2020 un taux de réussite de    95,7 % (moyenne nationale). Des taux de réussite d’autant plus étonnants que la France recule en permanence dans le classement PISA (23e en 2018). On peut constater le même phénomène au Luxembourg qui se retrouve à la 38e place dans le ranking PISA.

Il faut constater un allongement des études qui deviendront ainsi de plus en plus onéreuses et par-là moins accessibles pour tous. Faire des études sera à nouveau une question d’argent et non plus une question de capacités intellectuelles. Ce n’est pas un hasard qu’un vrai « school business » s’est installé.

Le bac joue un rôle de leurre social majeur dans ce système. Depuis longtemps l’on se fiche de la qualité du bac, l’inflation des réussites donne le change. Les responsables politiques n’y voient pas de dévaluation du diplôme. Quelques présidents et recteurs d’universités par contre ne sont pas enthousiastes, comme, par exemple, le président de l’université de Toulon (cf. Le Figaro, 11.07.2020) : « Nous allons accueillir des étudiants qui auront le bac sans avoir passé d’examens … ».

En effet, dans quelques pays, dont la France, les élèves ont passé les examens en ligne à cause de la pandémie. Pour faire face au manque d’enseignants, certains « novateurs » voient dans cette pratique une « solution future ».

Il faut tirer des leçons positives de cet enseignement confiné, pouvant servir à « l’école d’après ». De nombreux étudiants ont avoué avoir triché aux « examens à distance ». Cela n’empêche pas les adeptes du « tout numérique » de voir dans « l’examen en ligne » l’examen du futur. L’on travaille déjà sur une technique anti-fraude associée au logiciel anti-plagiat.

De cette façon par contre on ne démocratisera pas l’enseignement, les inégalités scolaires resteront. Ce n’est pas en bradant certains diplômes qu’on changera la donne !

Edouard Kutten