De plus en plus de gens se posent la question d’où viennent ces milliards d’euros distribués à pleines mains pour relancer l’économie après la pandémie.

Ce n’est pas du cash, c’est du virtuel, ce qui ne change rien au fait qu’on assiste à un endettement fantasmagorique des Etats. Cette évolution explique partiellement l’engagement de certains milieux à faire disparaître l’argent liquide.

Les banques, depuis quelque temps, ne cachent plus leur préférence pour l’argent virtuel. L’argent liquide leur coûte trop cher en infrastructure et surtout en personnel. Les distributeurs automatiques, ayant surtout été introduits pour alléger les coûts de personnel, se révèlent finalement être « ruineux ». Et depuis quelques années les banques ont commencé à les supprimer. Les cartes bancaires de tout genre sont plus rentables. Il ne faut pas oublier que l’emploi de ces cartes permet aux banques d’encaisser des commissions se comptant en milliards de la part des commerçants.

Les géants du Web n’ont jamais caché leur aversion pour le « cash », certains, comme Apple ou Google, ont créé leur propre système de paiement fonctionnant grâce à l’utilisation de « l’argent électronique ».

Les Etats, dont la plupart sont en « rupture de cash » depuis quelques années, préconisent une « société zéro cash ». La France, par exemple, fait de la dématérialisation intégrale des paiements aux administrations une priorité.

Très souvent la Suède est citée comme exemple en la matière, vu que les paiements en liquide y ont quasi disparu.

Serait-ce la fin du « grisbi » caché dans les bas de laine ?

La Suède pourtant a fait volte-face. Une nouvelle loi oblige, en effet, depuis le 1er janvier 2020 les banques à fournir de nouveau de l’argent liquide à leurs clients. Même certaines villes aux Etats-Unis d’Amérique ont rebroussé chemin. A New-York et à San Francisco les magasins refusant les paiements en liquide, sont interdits.

N’empêche que dans la plupart des pays « payer cash » est devenu le signe d’appartenance à une classe sociale qui ne peut pas se permettre de recourir à l’argent « virtuel » ou « électronique ». Le « cash » serait le moyen de paiement de ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent.

En réalité, l’argent liquide est le seul moyen de respecter les libertés. Il faut savoir que via l’utilisation de la carte bancaire on livre les détails de sa vie de consommation au banquier. Les « GAFAs » tirent aussi profit des données recueillies sur les habitudes de consommation des utilisateurs de leur service.

« Cash » ou « virtuel » n’est donc pas uniquement un problème de paiement, c’est devenu un problème sociétal. La disparition du liquide serait une perte de liberté en plus dans une société exposée au quotidien aux dérives incontrôlables du néolibéralisme.

Edouard Kutten