Face aux milliards d’euros que les entreprises ont reçus pour relancer l’économie, l’on est en droit de se demander ce qu’il en est des contreparties. Dans la plupart de pays l’on est d’avis dans les hauts milieux écono-politiques que ce n’est pas le bon moment. Il ne faut pas freiner l’élan des entreprises. « Dassault Aviation »  a montré le chemin à suivre. Même en période de pandémie et de crise sanitaire on peut toujours vendre des armes. Après d’âpres tractations secrètes, Dassault a fini par dénicher le client « idéal ». Il s’agit de la Grèce en l’occurrence qui a compris que l’aide reçue de l’Union européenne n’était pas destinée à une relance sociale, alors que le pays en aurait tant besoin. La Grèce a signé un contrat pour l’achat de 6 avions « Rafale » neufs et de 12 d’occasions. Un investissement qui n’est que le premier pas dans un large programme de réarmement.

Fraude fiscale et évasion fiscales restent aussi toujours d’actualité en période de pandémie. Les planques « officieuses » sont toujours tolérées, même si au niveau de l’Union européenne l’on a pour la forme promis de mettre fin à ces agissements. Mais entre paroles politiques et réalité, il y a tout un monde … !

Verralia, le gros producteur de verre français, en a fourni la preuve. Officiellement Verralia a une dette dépassant les 2 milliards d’euros ce qui n’a pas empêché « Apollo », le fonds d’investissement propriétaire de l’entreprise, de faire transférer plus de 500 millions d’euros par « Horizon Parant Holdings » au Luxembourg vers « APVIII Horizon Holdings LP » aux Caïmans (cf. Média M. Renaty).

Il ne faut donc pas s’étonner que dans maints pays le plan de relance, voire de sauvegarde, est devenu un robinet de subventions très souvent pas sous contrôle. En France, par exemple, des agents de contrôle du ministère des Travaux ont publié un document démontrant la pratique de détournement de « l’argent public » par des firmes tricheuses ou des firmes fictives (cf. Humanité, 15.09.2020). Malheureusement, ces agents français ont une chose en commun avec leurs collègues des pays de l’Union européenne, ils sont en nombre insuffisant pour assumer leur tâche et être vraiment efficace.

Ces agents ont raison de dire qu’on les utilise pour faire croire à la population que tout est sous contrôle. Mais de là à se demander qui est à la barre … !?

Edouard Kutten