Les récentes discussions autour des mesures sanitaires et de protection dans les écoles ont rendu visible le fait que certaines évidences ne sont plus considérées comme...évidentes. Qu'il ait fallu l'arrivée d'une pandémie pour évoquer l'importance de l'aération régulière des salles de classe est consternant. Ce sujet fourni un bel exemple d'un triste état des choses.

Bien que prévu dans le règlement grand-ducal du 13 juin 1979 concernant les directives en matière de sécurité dans les écoles, le renouvellement d'air faisait- et fait hélas encore souvent- défaut dans de nombreux bâtiments scolaires dépourvus de la possibilité d'ouvrir les fenêtres. Rappelons que la position inclinée des vitres ou la ventilation mécanique ne peuvent en aucun cas remplacer l'aération par à coup, les fenêtres grandes ouvertes, susceptible de garantir l'alimentation adéquate en air frais.

Il est aberrant de constater avec quelle acceptation des enseignants ont travaillé- et fait travailler des enfants- pendant des années dans des salles de classe confinées, à l'air palpable et suffocant, sans oublier le grand nombre qui actuellement, continue à enseigner dans ces conditions qui représentent un risque alarmant pour la santé des occupants de ces serres à CO2 que sont les pièces closes bien remplies...

Je ne peux également ressentir qu'une grande incompréhension pour les voix qui se lèvent dans le milieu scolaire pour se plaindre du « froid » qui règnerait dans les salles. L'accumulation d'air usée et la moisissure menaçante se prêteraient bien plus à être sujet de crainte. De même, difficile de comprendre que personne ne se sente pas plutôt incommodé par les odeurs diverses qui se dégagent inévitablement dans un lieu fermé non aéré...

La pandémie en a fait une urgence capitale- mais une aération régulière et adaptée des salles de classe n'en a pas moins toujours été un besoin de base, indispensable à la création d'un environnement propice à l'enseignement et à la concentration.

Dans le cadre de la crise sanitaire, le député Fernand Kartheiser n'a eu cesse d'évoquer – à travers des questions parlementaires, des prises de parole à la Chambre des Députés ou encore devant la presse- la gravité de la transmission du COVID par la voie des aérosols et par conséquent l'inestimable nécessité d'aérer les classes convenablement, et donc de pourvoir les enseignants du moyen d'ouvrir grandement les fenêtres.

Je l'en remercie. Si encore des enseignants se trouvent dans l'impossibilité de créer une circulation d'air cruciale- ou pour d'obscures raisons refusent de le faire- une prise de conscience a pourtant eu lieu au niveau du Ministère de l'¬Éducation Nationale. À peaufiner, certes.

Kelly Meris