Les gens ne sont pas tous égaux face au confinement. Ceux qui prononcent ce reconfinement face à la déconfiture de leur politique sanitaire, passent outre un facteur essentiel au « bon » fonctionnement du confinement. L’on parle des conditions de vie et de logement !

Il y a une relation indéniable entre condition de logement, pauvreté, précarité et maladies infectieuses. Lors d’épidémies les quartiers les plus défavorisés sont aussi les plus touchés. Ceci vaut pour tous les pays. Le Covid-19 ne fait pas exception à cette règle.

Une étude de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médical) en France a démontré à quel point les mauvaises conditions de logement ont favorisé la contagion du virus. A St-Etienne, par exemple, les zones les plus affectées de la ville ont été les quartiers populaires où beaucoup de gens vivent dans de petits logements. La pauvreté dans les quartiers s’élevait en 2017 déjà à 23 %, alors que la moyenne nationale est de 14,4 %. Dans les « Hauts de France », Roubaix note un seuil de pauvreté de 43 % et Tourcoing 27 %, et ce n’est pas un hasard si les deux communes se trouvent dans le « top 10 » des communes avec l’incidence la plus élevée. Devoir vivre dans des logements vétustes et suroccupés est un risque accru de contamination en cas d’épidémie !

Or ce problème date d’avant la pandémie, c’est un problème sociétal. Sans s’attaquer à la pauvreté, on ne peut résoudre le problème du mauvais logement.

Mais la lutte contre le virus ne prévoit pas de réformes sociales ! Alors, faute d’alternatives, reconfinons !

Edouard Kutten