Dans maints pays de l’Union européenne, à cause de la saturation des services de réanimation et de la pénurie de personnel soignant qualifié dans les hôpitaux, des patients ont dû être refusés. L’on parle de « tri » ou « triage » des patients, les médecins préfèrent en majorité le terme de « priorisation ». Quel que soit le terme, ce procédé est contraire à l’éthique médicale qui préconise un accès équitable aux soins pour tous.

D’ailleurs le droit des patients fait partie dans toute démocratie des droits de l’Homme. Il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures dans le traitement des malades.

Pour le moment on laisse faire les médecins, dont certains voudraient que ce « tabou » soit discuté en place publique. Les politiques, responsables pourtant d’un recrutement insuffisant de personnel et de la déficience infrastructurelle dans le secteur de la santé publique, préfèrent laisser la responsabilité du « tri » aux médecins.

Ce qui fait sourciller est l’argument servant à justifier ce « tri », à savoir que pour certains patients la réanimation ne serait qu’un acharnement thérapeutique inutile. Or, en « temps normal », cet acharnement thérapeutique, au coût très élevé d’ailleurs, ne garantit pas la survie non plus. Va comprendre…. !

Notons qu’il y a grande différence quant aux critères de priorisation entre le secteur public et le secteur privé !

Il est dans l’intérêt des patients que ce sujet ne reste plus longtemps un tabou. Un débat public s’impose. Déléguer toutes les responsabilités aux médecins est la solution de la facilité pour les politiciens !

Edouard Kutten