On ne pouvait mieux choisir que la fête de St Martin, le patron des soldats, pour annoncer un engagement militaire accru de l’armée grand-ducale au Mali dans le cadre de la mission militaire de l’Union européenne (EUTM Mali).

L’on se croit revenu 200 ans en arrière. Voilà que l’Union européenne redécouvre ses anciens amours pour l’Afrique. Il ne faut pas oublier que l’Afrique était le terrain de jeu colonial préféré des puissances européennes, à commencer par la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, la Prusse, l’Espagne, la Turquie et la Belgique. Le Grand-Duché, profitant du Congo belge, y était actif, et ceci non seulement comme missionnaire.

A l’époque l’on envoyait aussi des spécialistes pour former les troupes indigènes coloniales qui ont dû se battre pour les intérêts de leurs colonisateurs et ceci non seulement en Afrique. La « Grande-Guerre » fut un triste exemple, où les troupes coloniales aux ordres de la France et de la Grande-Bretagne payaient un lourd tribut en pertes humaines.

Les temps ont changé. St Martin a troqué son glaive contre des drones et les pays africains sont officiellement devenus des pays indépendants. Mais il s’agit en vérité d’une indépendance sous tutelle.

Les ex-ennemis en Europe se sont réconciliés et ont exporté la guerre dans d’autres continents. L’Afrique, de par ses richesses naturelles, ne cessera jamais d’attirer l’intérêt des grands exploiteurs du monde. Les chefs des armées indigènes restent téléguidés par les mondialisateurs. Ces armées sont équipées avec du matériel high-tech. La formation est faite par des instructeurs de l’Union européenne, dont des techniciens de l’armée luxembourgeoise.

Il ne reste plus qu’à trouver un ennemi. Souvent, hélas, les indigènes payent d’une façon ou d’une autre ces engagements militaires !

Edouard Kutten