La victoire du ticket Biden-Harris aux États-Unis est un moment-phare dans l’histoire des femmes en politique.

Kamala Harris deviendra la première femme à revêtir la fonction de Vice-Présidente et, qui sait, un jour peut-être même celle de Présidente des États-Unis (avec un Vice-Président masculin ?) et donc de la personne la plus puissante du monde. Le ticket Biden-Harris devrait servir d’exemple et d’inspiration en matière d’égalité politique homme-femme au plus haut niveau.

En regardant du côté luxembourgeois, on ne peut s'empêcher de se poser des questions sur la volonté réelle de ce Gouvernement en matière d'égalité des chances pour les femmes dans les plus hautes fonctions non pas de l'administration – où l'on en trouve désormais beaucoup –, mais du Gouvernement lui-même.

Il ne nous importe pas particulièrement de disserter sur le fait que ce Gouvernement ne compte que 5 femmes parmi ses 17 membres – donc moins d’un tiers d’après nos calculs (peut-être le Ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, le « MEGA », saura y remédier), ni de commenter davantage la récente prise de position parfaitement claire de la Commission consultative des Droits de l’Homme sur le Plan d’action national du MEGA pour une égalité entre les femmes et les hommes.

Nous entendons limiter nos propos à la seule « tête » de ce Gouvernement, à savoir aux homologues de Biden-Harris.

Depuis 2018, nos dirigeants qui, par ailleurs se vantent d’une saine gestion des finances, se sont donné le luxe financier* de créer un deuxième poste de Vice-Premier ministre, alors qu'on n'a jamais vu le « premier » Vice-Premier ministre remplir une quelconque tâche importante.

Dès lors, le deuxième poste de Vice-Premier ministre n'a qu'un rôle symbolique pour permettre au parti Vert d'être à égale hauteur des Socialistes. Ce symbolisme ne concerne donc que les gouvernants et point les gouverné(e)s, alors que ce sont ces derniers qui le financent exclusivement.

Comme diraient nos amis américains : It’s time for change.

Des pseudo-explications et des promesses vides pour 2023 ne suffisent pas.

Si ce Gouvernement prenait au sérieux l'égalité entre hommes et femmes, il devrait compter au moins une femme parmi le « Spitzentrio ».

Se pose alors la question lequel des deux postes de Vice-Premier ministre devrait être revêtu par une femme : celui des Socialistes ou celui des Verts ?

Vu le résultat impressionnant de la ministre Lenert dans les sondages de juillet et novembre (deux fois ca. 90%) et vu l'importance actuelle de son ressort dans la crise sanitaire, la réponse est sans équivoque.

Le ministre Kersch qui, malgré une minime hausse depuis juillet, atteint à peine 50% dans les sondages, devrait mettre son poste de Vice-Premier ministre à la disposition de sa collègue.

Une telle décision permettra finalement et enfin au Luxembourg de connaître également une égalité homme-femme à la tête d’un Gouvernement Gambia qui se veut socialement progressif.

La promotion de la ministre Lenert s’imposerait d’autant plus, alors qu’elle a devancé deux fois l’actuel Premier ministre Bettel, que le Vice-Premier ministre Kersch n’occupe que la 7ème position et que les autres femmes « vertes » du Gouvernement, à savoir Mesdames Dieschbourg et Tanson, ne semblent pas être suffisamment « bien placées », puisqu’elles ne figurent même pas parmi les dix politiciens les plus populaires du pays dans les sondages de novembre.**

Une telle décision démontrera l’importance réelle que ce Gouvernement et plus particulièrement le Premier ministre Bettel, le ministre Kersch*** et les cinq dames ministres portent à ce sujet.

Des actes au lieu de paroles, paroles….

Que ce Gouvernement suive donc l’exemple donné par Joe Biden et redresse enfin l’inégalité des sexes qui règne en ce domaine au Luxembourg depuis 2018 !

Pour conclure encore une réflexion concernant le LSAP : s’il veut avoir de sérieuses chances en 2023 de décrocher le poste de Premier ministre (un come-back du CSV ne semble pas très réaliste pour l’instant), il serait sage de positionner la ministre Lenert très bientôt en tant que seule candidate à la tête du parti et de ne pas avoir recours à une « tête double » avec l’actuel Vice-Premier ministre – elle est le seul personnage politique plus populaire que l’actuel Premier ministre et serait donc la seule à pouvoir lui contester le poste suprême.

Les sondages de juillet et novembre ne pourraient être plus clairs à ce sujet.

Marie-Jo et Vic Dupont-Schumacher

* L’indemnité brute de représentation pour celui qui porte le lourd titre de Vice-Président du Gouvernement (donc le Vice-Premier ministre) est de 400 points indiciaires et donc actuellement d’environ 8000 € / mois, soit 100’000€ / an ; source : Code administratif de la Fonction publique, p. 206 (http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/code/fonction_publique/20201001). À noter que cette indemnité s’ajoute à la rémunération « de base » que le Vice-Premier ministre a en tant que ministre. S’y ajoutent bien sûr encore des avantages en nature tels qu’une voiture de service, un chauffeur, etc.

** Sources : https://www.rtl.lu/news/national/a/1612379.html (novembre 2020), https://www.rtl.lu/news/national/a/1546659.html (juillet 2020).

*** Après son intervention « idéaliste » quant à une éventuelle participation militaire du Luxembourg en Iran en été 2019, le ministre Kersch soutiendra certainement avec idéalisme et ferveur la présente proposition. Les 100’000€/an ne sauront influencer la décision d’un vrai socialiste.