La crise sanitaire a mis à nu les profondes inégalités de nos sociétés européennes que l’on a réussi longtemps à camoufler. Ce n’est pas le moment de parler de politique d’accueil. Or même en période de pandémie, les migrants ont des droits, hélas méconnus selon les derniers rapports de Médecins du monde, Médecins sans frontières et Amnesty International. Les défenseurs des valeurs de la forteresse de l’Union Européenne préfèrent pratiquer une politique de dissuasion à la place d’une politique d’accueil. Il est vrai que beaucoup de pays de l’Union européenne disposent d’un dispositif d’accueil dégradé. Des pratiques administratives y portent au quotidien atteintes au respect des droits humains. De graves manquements de devoir de protection des mineurs et des entraves au droit d’asile sont les conséquences d’un dysfonctionnement toléré, voire « voulu » des dispositifs de prise en charge. Intimidation et harcèlement sont à l’ordre du jour. Pour ne pas être obligé de remédier à cet état de choses, l’on préfère barricader l’accès à l’Union européenne. Ainsi des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en quête d’asile sont obligés de faire face à des conditions de « vie » exécrables. Mais l’inhospitalité semble être devenue la règle de conduite des nantis de cet « Dorado européen », dont beaucoup ont à dessein oublié leurs origines !

Edouard Kutten