L’on s’attend à ce que sous J. Biden l’ordre mondial soit moins chaotique. Les Etats-Unis d’Amérique sont censés reprendre leur rôle de « leader du monde libre ». Sans le dire à voix haute, une nouvelle ère de subordination stratégique est attendue, quant à l’indépendance européenne, on a de nouveau raté le coche.

Les premiers choix de J. Biden concernant les postes-clés de son gouvernement, comme la politique étrangère, les finances, par exemple, montrent qu’il n’y aura pas de changements profonds. Les idées de Bernie Sanders n’ont pas trouvé preneur, elles sont restées un « rêve californien ».

C’est un dangereux retour à la normale que Biden veut réaliser, qui ne fait que confirmer une vieille tendance dans les rangs du parti. La sénatrice D. Feinstein, élue à ce poste en Californie depuis 1992, est un exemple de la pratique de ce pragmatisme qui consiste à s’allier plutôt avec la droite qu’avec la gauche.

Les démocrates sont divisés sur leurs priorités, les républicains, aussi divisés qu’ils soient après le couac trumpiste, continueront leur combat de « guérilla ». Le conservatisme américain, dans sa version traditionnelle, a pris un coup sous la présidence de Trump.

Les passions et les émotions, souvent théâtralisées, autour de l’investiture de Biden, ne sont rien de nouveau, car l’élection présidentielle aux Etats-Unis d’Amérique est à chaque fois un « moment de crise nationale », comme l’avait si bien dit Tocqueville en 1832.

J. Biden n’est pas parti pour s’en prendre aux inégalités sociétales, qui de ce fait resteront toujours une terre fertile pour tout genre de démagogie. Il ne faut pas oublier que l’esprit de sécession n’est pas mort à Gettysburg, il a seulement muté !

Edouard Kutten