Il y a consensus, pour une fois, parmi les élus politiques qu’après la pandémie des mesures sociales s’imposent si l’on veut relancer définitivement l’économie et garantir la sauvegarde de l’euro. La Banque Centrale Européenne (BCE) ne peut pas éternellement faire marcher la planche à billets.

Une révision complète du modèle social s’imposerait donc ! « Retraite à 60 ans pour les hommes, à 55 ans pour les femmes », ces revendications des années 1970 ne peuvent que faire rêver. Après la pandémie il va falloir travailler plus et prendre la retraite plus tard. Les déficits des caisses de pensions ont pris des proportions alarmantes dans quelques pays de l’Union européenne.

Les moratoires d’exonérations partielles des charges sociales patronales pèsent lourd. En France, par exemple, il n’y aura pas de redressement définitif des déficits du système des retraites avant 2045.

Les plans de réforme, gardés pour le moment au secret, ne sont plus à l’état embryonnaire. La France pense à faire monter l’âge de pension de 62 ans (2021) à 64 ans, voire 65. On procède par étapes pour ne pas brusquer les choses. En Allemagne on passera à 67 ans en 2029. Le Royaume-Uni est déjà passé à 66 ans en 2020, 67 ans est prévu pour bientôt.

Poser des questions sur cet avenir social prévu n’est pas bien vu, même les syndicats sont priés d’attendre la fin de la pandémie pour discuter. C’est la politique du fait accompli. Elle a fait ses preuves pendant les confinements. La pandémie a, en effet, accéléré le processus de privation de libertés et de déresponsabilisation des individus.

Les prêcheurs de résignation savent en profiter. Or en temps de crise il faut agir et non subir !

Edouard Kutten