La majorité de la population de l’Union européenne est convaincue, à raison, que la vaccination constitue l’unique sortie de la crise sanitaire. Alors, allons-y !

Or ce serait oublier que l’Union européenne est désunie face à la vaccination. Le retard pris en vaccination commence même à inquiéter les politiques qui sont mis sous pression de la part des lobbyistes de l’économie. Ces retards sont pour eux un manque à gagner. Selon l’assureur AXA (cf. Figaro-éco. 09.02.2021), le retard de 5 semaines coûte l’Union européenne 2 % du PIB, c’est-à-dire autour des 90 milliards d’euros. Les politiciens sont pris entre deux étaux, économique et sanitaire.

Les défaillances du système hospitalier public deviennent de plus en plus visibles dans la plupart des pays. Mais les raisons de ces défaillances ne sont pas vraiment abordées, on est toujours au stade de la promesse. Or ce n’est pas en achetant quelques lits soldés et plusieurs bonbonnes d’oxygène que l’on aménage des salles de réanimation supplémentaires. On est forcé de trop improviser dans le secteur sanitaire, parce que la santé publique a trop longtemps été défavorisée.

Pas tous les pays ont retenu la leçon de la première vague, d’autres ont tardé à reconfigurer un logiciel marqué par des années de coupes budgétaires dans le secteur public. On croyait pouvoir encore une fois se tirer d’affaire en n’ayant pas besoin d’investir dans la santé publique.

Une vaccination rapide à grande échelle aurait pu amener une baisse sensible des hospitalisations, autour de 25-28 %. Mais le fait est qu’au sein de l’Union européenne, en mal d’union face à la crise sanitaire, les doses continuent à faire défaut et les retards de livraison se sont accumulés. Il est vrai que l’Union européenne est partie très en retard avec la vaccination, victime, selon certains, d’une fixation sur le prix d’achat ce qui est contraire à la propagande tonitruante des politiciens du genre « on vaccine tout le monde, quoi qu’il en coûte ».

Il est compréhensible que dans ce contexte de confusion certains pays de l’Union européenne se tournent vers la Chine ou la Russie.

Une vaccination à deux vitesses et en ordre dispersé ne saurait cependant être la solution à cette crise sanitaire !

Edouard Kutten